Amundi structure son offre de gestion d’actifs réels et alternatifs

le 28/09/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe vise 70 milliards d'euros d'actifs pour ce pôle. Il reste novice en infrastructures et modeste en private equity.

Connu pour son expertise immobilière, Amundi l’est moins pour les autres gestions alternatives. C’est pourquoi la filiale du Crédit Agricole a annoncé hier le lancement d'une plate-forme regroupant ses expertises en actifs réels et alternatifs. Leur point commun : «offrir une prime d'illiquidité particulièrement attractive dans un contexte de taux durablement bas et de volatilité persistante sur les marchés actions», explique Amundi.

Ce pôle de 200 personnes totalisait 34 milliards d'euros d'actifs au 30 juin, essentiellement pour des clients institutionnels, et compte doubler de taille pour atteindre «70 milliards à horizon 2020», annonce Eric Wohleber, nouveau directeur des ventes des actifs réels et alternatifs. L'objectif est ambitieux au regard du poids de l’activité dans l’usine Amundi. Le numéro un européen de la gestion d’actifs dépasse désormais les 1.000 milliards d’euros d’encours et vise, au total, 160 milliards de collecte d’ici à quatre ans.

Sa nouvelle plate-forme comprend des expertises déjà anciennes en immobilier (14 milliards d'euros d'encours et 20 milliards en fin d'année après l'absorption de Crédit Agricole Immobilier), en multigestion alternative (10 milliards) et en private equity en direct (seulement 1 milliard, en capital-développement). S'y ajoutent des savoir-faire plus récents en dette privée (6 milliards d'euros de dette d'ETI et, depuis un an, 3 milliards de dette aéronautique) et en infrastructures.

Amundi proposait déjà un accès à cette dernière classe d'actifs via la multigestion et se lance désormais dans l'investissement en direct centré sur les énergies renouvelables, via une coentreprise avec EDF baptisée Amundi Transition Energétique. Celle-ci vise 500 millions d’euros pour sa première levée de fonds.

En revanche, le groupe compte rester à l’écart des infrastructures classiques (routes, aéroports, etc), faute d’expertise sur un marché déjà très concurrentiel. Pour le moment, seule Predica, la filiale d’assurance du Crédit Agricole, a investi ce créneau pour son compte propre. Dans le passé, le groupe s’était pourtant fait une place de choix dans le secteur via la société de gestion Meridiam. Elle a pris depuis son indépendance, tout comme le reste de Crédit Agricole Private Equity, devenu Omnes Capital. Pour autant, Amundi ne s'interdit pas des acquisitions pour faire croître sa nouvelle plate-forme alternative.

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