Francfort fait de l’œil aux banques de la City

le 13/09/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les autorités locales souhaitent rapprocher le droit du travail allemand des normes britanniques afin d’attirer les banquiers londoniens.

Francfort fait de l’œil aux banques de la City
Après Paris, c’est au tour de Francfort de faire les yeux doux aux financiers de la City.
(La ville de Francfort vue depuis son aéroport / DR.)

Les positions de chacun se précisent dans la concurrence qui se met en place en Europe pour accueillir les financiers de la City éventuellement contraints au départ par le Brexit. Alors que l’ampleur du mouvement est encore inconnue, et que les négociations formelles de sortie de l’Union européenne n’ont pas débuté, Francfort emboîte le pas de Paris et présente ses arguments. Dans une interview à Bloomberg, le ministre des Finances du Land de Hesse, a annoncé son intention d’assouplir le droit du travail pour faciliter les suppressions de postes. A la City, les gros bonus ont pour contrepartie la capacité de l'employeur à limoger un salarié dans l'heure.

«Il est sûrement possible d’exempter des règles strictes du licenciement ceux qui gagnent beaucoup d’argent», défend le ministre Thomas Schaefer. Les autorités locales ont montré un front uni dans leur volonté d'attirer les exilés londoniens. «Nous devons prendre les devants en ce qui concerne le Brexit avant que d’autres villes comme Paris ou Milan ne le fassent», précise ainsi l’adjoint au maire chargé des finances de Francfort, Uwe Becker.

Mais contrairement à la France, où le gouvernement est partie prenante dans les efforts déployés pour rendre la ville de Paris attractive, avec notamment une extension annoncée début juillet du régime des impatriés, le gouvernement allemand doit encore être convaincu. Le droit du travail n’est en effet pas du ressort des Länder, et la ministre sociale-démocrate du travail, Andrea Nahles, n’a pas prévu de le réformer d’après un porte-parole du ministère.

Pour le moment, le régime allemand laisse de plus amples libertés aux employeurs pour le renouvellement de leurs cadres supérieurs mais protège fortement le personnel subalterne. «Quand on rencontre des présidents et des équipes en charge du Brexit, ils nous posent des questions sur notre droit du travail», explique Eric Menges, président de FrankfurtRheinMain, un groupe de promotion de la région. «Ils ont peur des contrats allemands.»

Thomas Schaefer a également tenu à souligner l’intérêt d’un rapprochement entre le LSE et Deutsche Boerse dans le contexte du Brexit. Tout en précisant que le choix de la localisation du siège ne rentrerait pas en compte dans le processus d’autorisation dont son ministère est chargé, puisqu’il délivre la licence de la Bourse de Francfort, Thomas Schaefer a rappelé que le plan initial qui prévoyait un siège exclusivement londonien nécessitait d’être revu.

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