La City prône un accord bilatéral sur mesure après le Brexit

le 22/08/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La finance londonienne veut se rapprocher d’un modèle suisse d’accord bilatéral pour l’ensemble des services financiers.

La City prône un accord bilatéral sur mesure après le Brexit
Le secteur devra s’unir pour convaincre à la fois David Davis et Michel Barnier du bien-fondé de ses demandes.

L’été a été studieux pour la City. Selon le Financial Times (FT), un groupe de travail, dirigé par Shriti Vadera, présidente de Santander UK, s'est accordé sur la nécessité de négocier un accord bilatéral sur mesure entre l’Union européenne et le Royaume-Uni dans les services financiers.

D’après le quotidien, Anthony Browne, directeur général de l’Association des banquiers britannique, la BBA, et membre de ce groupe de travail, a insisté sur l’importance de négocier un accord autorisant «un accès bilatéral au marché aussi complet que possible», ce qui supposerait le maintien des droits de passeport.

Dans ses grandes lignes, ce modèle se rapprocherait de celui en vigueur entre l’Union européenne et la Suisse, basé sur la négociation d’un certain nombre d’accords bilatéraux. Entré en vigueur en 1993, l’un de ces accords concerne par exemple le secteur de l’assurance non vie. En revanche, les accords bilatéraux entre la Suisse et l’UE ne prévoient pas l’accès transfrontalier des services financiers, actuellement en cours de négociation.

Mais la City pense pouvoir négocier un accord plus large que celui qui unit la Suisse à l’UE en mettant en avant son statut de premier marché d’exportation pour l’Union européenne, d’après le FT. Selon un porte-parole, la BBA espère obtenir le même niveau d’accès au marché unique que celui dont jouissent actuellement les banques situées au Royaume-Uni. L’organisme tient cependant à différencier cette approche d’une adhésion complète à l’Union européenne, qui supposerait de se conformer au principe de liberté de circulation des personnes et à la nécessité d’adopter des réglementations en matière de services financiers sur lesquelles l'Angleterre n’a pas voix au chapitre.

La City risque d’avoir du mal à se faire entendre, d'autant que les différents lobbys de la City luttent pour s’imposer comme interlocuteur privilégié du gouvernement. CityUk, l’un d’eux, s’apprête à publier un rapport sur les conséquences du Brexit sur l’emploi en fonction des scénarios choisis. Durant l’été, le lobby a déjà détaillé dans une étude l’importance pour la City post-Brexit de s’ouvrir à d’autres marchés étrangers et de créer des centres financiers régionaux outre-Manche.

Le secteur devra pourtant s’unir pour convaincre à la fois David Davis, ministre du Brexit, et Michel Barnier, en charge des négociations sur ce sujet au sein de l’UE, du bien-fondé de ses demandes. Tous deux n’ont pas la réputation d’être de grands supporters de ce domaine d’activité.

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