UBS s'attend à des lendemains difficiles

le 15/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Dans le détail, l'exposition au subprime reste élevée, même si elle s'est mécaniquement réduite à 27,6 milliards de dollars en décembre 2007 contre 38,8 milliards à fin septembre après les larges dépréciations passées par le groupe. Elle a continué de diminuer en janvier, a indiqué Marcel Rohner. UBS a par ailleurs dévoilé un engagement de 26,6 milliards sur les prêts Alt-A qui font eux aussi les frais des difficultés des emprunteurs américains. Quant à l’exposition au secteur des monolines, elle s’établit à 3,6 milliards de dollars.

La banque a dû annoncer un renforcement de la gestion des risques, notamment dans son activité banque d’investissement, déficitaire de 15,5 milliards de francs en 2007. Le groupe a également engagé la restructuration de sa branche taux, changes et matières premières (FICC),avec un désengagementde certaines activités aux Etats-Unis, en Asie et en Europe. Il a par ailleurs recruté mercredi Jerker Johansson chez Morgan Stanley pour chapeauter sa banque d'investissement.

Dès lors, 2008 est déjà considérée comme « une autre année difficile » par UBS. Le principal objectif du groupe sera de « restaurer la confiance ». Peter Thorne d’Helvea pense ainsi que la nouvelle direction devra faire face à plusieurs problèmes, parmi lesquels « restaurer le moral du personnel, réduire son exposition, et convaincre les employés et les clients que la banque d’investissement a de l’avenir chez UBS». Début février, Kinner Lakhani, analyste chez ABN Amro, craignait d’ailleurs que « l’infection se propage aux autres segments ». Enfin, pour Raymond James, « le risque de réputation est réel». Il ne s'est toutefois pas encore traduit par la fuite des clients de la gestion de fortune, ceux-ci ayant encore apporté 31,5 milliards de francs d'argent frais au dernier trimestre (et 151 milliards sur l'année).

Dans l'immédiat, la banque zurichoise se prépare à une assemblée générale extraordinaire difficile le 27 février, afin d'obtenir le droit de procéder à l'augmentation de capital qui restaurera ses fonds propres.

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