ThyssenKrupp reste confiant malgré le recul de ses résultats trimestriels

le 21/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Son exposition grandissante aux pays émergents devrait lui permettre de mieux résister à moyen terme au ralentissement de la demande européenne

Retour à plus de sobriété pour le premier sidérurgiste allemand. Après avoir publié des résultats annuels record à fin septembre 2007, le premier trimestre de son exercice 2007-2008 a accusé une baisse d'un tiers de son bénéfice avant impôt et éléments exceptionnels, sans que cela remettre en cause les objectifs de résultats pour l'ensemble de l'exercice. Ce bénéfice ressort à environ 700 millions d'euros en chiffres préliminaires, inférieur aux 1,06 milliard dégagés un an auparavant mais supérieur aux attentes du marché qui visait 677 millions.

Pour l'ensemble de l'exercice, ThyssenKrupp a confirmé tabler « sur un chiffre d'affaires de 53 milliards d'euros et un résultat avant impôt et exceptionnels de plus de 3 milliards » contre 3,8 milliards l’année dernière. Le ralentissement de la demande globale d’acier sera marqué en 2008 dans l’Union européenne avec une progression attendue de 2,8 % cette année contre 5,3 % en 2007, selon la Confédération européenne des industries du fer et de l’acier. En revanche, « la production mondiale d’acier inoxydable devrait croître de 8 % cette année après seulement 1 % en 2007, tandis que les prix devraient rebondir grâce à une baisse des exportations chinoises et à des stocks très bas », avance le cabinet de conseil CRU. La demande en acier inoxydable a en effet été freinée l’année dernière par les cours élevés du nickel utilisé dans cet alliage.

L’Europe ne sera donc pas la zone d’expansion prioritaire du groupe qui prévoit d’investir 3,1 milliards d’euros au Brésil dans une unité de production opérationnelle en 2009, qui desservira les marchés européens et américains. Ce choix stratégique est également à rapprocher des revendications salariales portées par le principal syndicat allemand IG Metall qui, constatant la bonne santé de la sidérurgie allemande en 2007, a demandé une hausse des salaires de 8 % à compter de février prochain, après avoir obtenu une augmentation de 3,8 % et une prime exceptionnelle l'année dernière. A l’horizon 2010, le groupe a donc laissé inchangés ses objectifs de ventes de 60 milliards pour 4 milliards d'euros de bénéfices. A plus long terme (exercice clos le 30 septembre 2012), il anticipe pour ces deux postes 65 milliards et 4,5 à 5 milliards d'euros, « grâce notamment à la demande en provenance des pays émergents, combinée à la mise en production d’unités nord-américaines ».

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