La Société Générale défend son modèle de développement

le 12/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

En dévoilant un plan à horizon 2010, la banque française, rendue vulnérable par le scandale financier, cherche à préserver son indépendance

La Société Générale croit en son modèle de développement et le répète haut et fort. « Notre communication démontre notre confiance dans notre business model », a déclaré Frédéric Oudéa, directeur financier de la banque française, à l’occasion d’une conférence de presse. En marge de l’annonce des modalités de son augmentation de capital, la Société Générale a dévoilé un plan stratégique à horizon 2010 jugé « ambitieux » par certains professionnels.

La Société Générale vise notamment, dans la banque de financement et d’investissement, une croissance annualisée de ses revenus de 5 à 10 % entre 2006 et 2010 et un rendement des capitaux de l’ordre de 30 % en 2009, ainsi qu’une croissance du produit net bancaire des activités de détail en France « en moyenne au moins égale à celle du PIB nominal ».

« La zone de doute majeure concerne la banque de financement et d’investissement. La Société Générale, en projetant une croissance annuelle de 5-10 %, est assez optimiste. Cela représente presque autant que ce qui a été réalisé lors du précédent cycle, entre 2003 et 2007. Or, 2008 est d’ores et déjà qualifié d’année de transition par le groupe et sera au mieux équivalente à 2007 », estime un analyste pour qui les prévisions en banque de détail ne sont toutefois pas insensées. « En ciblant une croissance de 5 à 10 % dans la banque de financement et d’investissement, la Société Générale indique qu’elle va continuer à prendre des risques, et qu’une fois le contrôle resserré, elle sera en ordre de marche pour opérer comme auparavant», relève un autre spécialiste.

Vulnérable sous le double effet de la crise du crédit et, plus spécifiquement, du scandale financier dont elle fait l’objet, la Société Générale pourrait ainsi miser sur l’attaque pour mieux se défendre. « Si la Société Générale ne parvient pas à réaliser ces objectifs, sa crédibilité sera mise en cause. Mais pour l’instant, nous sommes obligés de lui laisser le bénéfice du doute. Avec ce plan très défensif, la banque gagne un an et tend à retarder toute opération éventuelle de rachat », estime un analyste financier.

Interrogé sur de possibles opérations de rapprochement avec d’autres banques, l’état-major de la Société Générale a rappelé qu’il ne commentait pas les rumeurs de marché. 

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