Le sauvetage de GMAC se fait au prix fort pour Cerberus

le 31/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fonds d'investissement, qui détenait 51% de la société, a dû accepter une forte dilution en échange de l'intervention des autorités

Avec l’injection par le Trésor américain de 5 milliards de dollars au capital de GMAC, le mal nommé Tarp (Treasury Asset Relief Program) vient de subir sa dernière déformation. D’un programme de rachat d’actifs bancaires toxiques, l’ex-plan Paulson s’est mué successivement en perfusion à destination des mêmes banques, des assureurs (AIG), des constructeurs automobiles et, depuis lundi soir, d’un spécialiste du crédit automobile.

Le sauvetage provisoire de GMAC est d’autant plus marquant que la filiale de financement de General Motors est contrôlée depuis 2006 par le fonds de capital-investissement Cerberus à hauteur de 51%. C’est la deuxième fois que ce dernier bénéficie des largesses des pouvoirs publics en l’espace de quelques jours: le 19 décembre, Chrysler, dont il détient 80%, s’est vu accorder un premier prêt de 4 milliards de dollars par le Trésor afin de passer la fin de l’année sans problèmes de trésorerie.

Lesdites largesses sont cependant toutes relatives. Si les autorités américaines ont apporté leur aide à GMAC en raison de son importance vitale pour les ventes de GM, elles n’ont cependant guère fait de cadeau aux actionnaires de la société.

Pour que la Fed accorde le 24 décembre à GMAC le statut de banque qui lui permet d’accéder au Tarp, GM et Cerberus ont dû en effet accepter une très forte dilution. Le constructeur de Detroit ramènera de 49% à moins de 10% sa participation en capital et en droits de vote, le solde étant apporté à un trustee indépendant. Cerberus a quant à lui été contraint de réduire sa part des droits de vote à 14,9%, et celle en capital à 33,3%, en distribuant la différence à sa base d’investisseurs. Seule consolation, si GMAC s’est engagé dans le cadre du Tarp à limiter les rémunérations de ses 25 cadres les mieux payés, les dirigeants du fonds d’investissement échappent à cette restriction.Cerberus devra par ailleurs lui-même remettre au pot. Il s’est engagé aux côtés de General Motors à fournir 2 milliards de dollars de capitaux frais à GMAC, dont 1,25 milliard au titre d’une augmentation de capital – une promesse que General Motors pourra tenir grâce au prêt supplémentaire d’un milliard accordé par le Trésor.

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