La Réserve fédérale laisse augurer de nouveaux gestes de détente monétaire

le 21/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Banque centrale américaine a abaissé ses prévisions de croissance et relevé celles concernant l’inflation et le taux de chômage

Le spectre de la stagflation est revenu hier soir sur le devant de la scène outre-Atlantique. Celui donc d’une croissance en berne associée à une inflation bien réelle. La Réserve fédérale américaine a revu à la baisse sa prévision de croissance économique pour cette année, misant désormais sur une fourchette de 1,3 à 2 % contre 1,8 à 2,5 % envisagés en novembre dernier, du fait de l'aggravation de la crise de l'immobilier et du resserrement du marché du crédit. La Banque centrale a de plus avancé que les risques de nouvelles difficultés à venir étaient « préoccupants ». En parallèle, la Fed a relevé ses anticipations quant à l’inflation. Elle table désormais en 2008 sur un indice des prix, hors éléments volatils, en progression de 2 à 2,2 %, contre une précédente estimation de 1,7 à 2 %. 

La Fed n’entend pas baisser la garde. Le compte-rendu de la réunion du Comité de politique monétaire, le FOMC, des 29 et 30 janvier derniers, laisse voir l’inquiétude de ses membres face aux risques significatifs de récession et à la nécessité à l’heure actuelle de maintenir un niveau de taux d’intérêt « relativement bas »« De nombreux participants (au FOMC) ont avancé leur inquiétude d’un repli des marchés actions associé à la poursuite du déclin des prix des biens immobiliers qui pourraient impliquer la baisse de la valeur du patrimoine et susciter une dégradation de la consommation des ménages », soulignent ainsi les minutes du Comité. Des constats qui avaient soutenu un mouvement clair de détente monétaire le mois dernier, la Fed abaissant son principal taux directeur en quelques jours de 125 points de base, à 3 %.

Las, les indicateurs économiques publiés depuis ont confirmé les craintes d’une récession aux Etats-Unis cette année, éloignant sans doute l’espoir que certains membres du FOMC pouvaient avoir d’un hypothétique resserrement de la politique monétaire cette année même. Pour autant, la Fed ne s’est pas privée d’avancer qu’elle saura également être réactive lorsque l’embellie se fera sentir. Le Président de la Fed de Saint-Louis, William Poole, a de son côté clamé hier que la Fed ne devra jamais ignorer le risque inflationniste.

Les nouvelles de la Fed ont suscité un repli modéré du dollar, Wall Street saluant pour sa part la perspective d’une nouvelle baisse des taux, qui pourrait atteindre 50 points de base dès le 18 mars à l’occasion du prochain FOMC.

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