Rebond attendu des marchés actions

le 20/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

«Si les spreads de crédit sont justes, la prime de risque actions doit être de 5 %, or elle ressort à 4,5 % dans nos estimations, explique Credit Suisse. Et dans le cadre d’une récession, la prime est juste de 4,2 %, ce qui nécessiterait une chute de 8 % du S&P 500». Et à 1.150 points, «le S&P 500 serait sur le même multiple de bénéfices qu’au creux d’octobre 2002. Avec une politique agressive de la Fed et une chute des prix du pétrole, le S&P devrait revenir facilement à 1.450 points», ajoute Credit Suisse.

De plus, les Bourses demeurent sur des valorisation historiquement basses (voir graphique). Le S&P 500 se traite sur un PE de près de 20, tandis que le DJ Stoxx 50 affiche un PE de 10. Si les Bourses ont fortement progressé de 2002 à 2007, cette hausse est restée bien inférieure à celles des bénéfices des entreprises, qui ont considérablement amélioré leur rentabilité et assaini leur bilan.

Et malgré la révision à la baisse des croissances bénéficiaires, le consensus attend encore une progression de plus de 8 % sur le DJ Stoxx et de 15 % sur le S&P 500. «L’estimation de la progression des BPA 2008 nous semble encore ambitieuse», écrit La Française des Placements, sans attendre pour autant une récession générale des profits.

En revanche, la persistance de la faiblesse du dollar et de l’envol des matières premières continue à peser sur la profitabilité des sociétés européennes et asiatiques. De plus, «le marché semble encore peu enclin à douter de la capacité des sociétés, en particulier cycliques, à faire croître leur chiffre d’affaires et leurs marges alors que celles-ci se retrouvent à des niveaux historiques jamais atteints», avertit Metropole Gestion.

Pour autant, Natixis anticipe déjà une bulle sur les actions en 2009-2011, au regard d’une liquidité qui va rester très abondante : «si le report des investissements sur les actions est légitime compte tenu de leur sous-valorisation […] ce report se faisant de manière collective par l’ensemble des investisseurs, il y aura finalement valorisation excessive et donc bulle».

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