Le rapport Lagarde plaide pour des contrôles bancaires renforcés

le 05/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Surveillance accrue, partage des meilleures pratiques : les solutions préconisées par la ministre des Finances laissent certains banquiers sceptiques

« Les événements survenus à la Société Générale doivent certainement inciter l’ensemble de la Place, établissements et autorités, à une réflexion approfondie, en vue de dégager les meilleures pratiques et les règles de nature à renforcer la sécurité opérationnelle des opérations de marché», estime Christine Lagarde dans son rapport sur la perte de 4,9 milliards d’euros à la Société Générale, remis hier au Premier ministre. La ministre des Finances a d’ores et déjà prévu de « convoquer les présidents des comités d'audit des banques pour partager avec eux ce rapport ». Ce sera surtout l’occasion de débattre des quatre pistes de réflexion identifiées pour améliorer le contrôle interne.

« Ce rapport ne m’apprend rien », juge un responsable dérivés actions. « La liste des éléments de contrôle interne à surveiller reprend les bases de ce métier et ne peut qu’indiquer que le management à la Société Générale n’a pas fait son travail. Ils ont sans doute préféré sacrifier la surveillance à la production, jusqu’à ce qu’ils explosent en vol ». La ministre juge en effet que « certains mécanismes de contrôle interne de la Société Générale n'ont pas fonctionné et ceux qui ont fonctionné n'ont pas toujours été suivis des modifications appropriées ». La banque, qui ne commente pas le rapport, a indiqué que « s’agissant des contrôles qui ont été successivement contournés par cette fraude, les mesures qui auraient permis de la détecter et d’y mettre fin sont mises en œuvre ou le seront à court terme ».

« Je suis ouvert à toute critique constructive, mais je pense qu’il y a déjà suffisamment de moments permettant d’évaluer son propre système. Encore faut-il être prêt à suivre les recommandations », estime ce même responsable de dérivés actions, ajoutant que la Commission bancaire avait à plusieurs reprises formulé des pistes de travail pour la Société Générale. Il ajoute que la préconisation de relever « substantiellement » la sanction de 5 millions d’euros que la Commission bancaire peut infliger « n’incitera pas davantage à faire des modifications ». Par ailleurs, un réseau de consultants externes et de commissaires aux comptes, ainsi que des groupes de travail mis en place par les différents régulateurs nationaux, font actuellement déjà circuler les « bonnes pratiques ».

Pour accéder au rapport, cliquer sur le lien suivant :

http://www.agefi.fr/documents/1/1/200802/rapSG.pdf

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