Les professionnels de la gestion attentistes sur l’opération Richelieu Finance

le 22/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alors que la société de gestion doit s’adosser à un groupe européen afin de faire face à des problèmes de liquidités, d’autres cas pourraient suivre

Le cas Richelieu Finance, contraint de s’adosser à un groupe européen afin de faire face à des problèmes de liquidités, peut-il faire tache d'huile au sein de l’univers de la gestion française ? « Beaucoup de sociétés de gestion présentent des gammes de produits très liquides, ce qui représente l’une des forces de la place parisienne. Pour autant, les petites sociétés de gestion, non adossées, éprouvent plus de difficultés et il n’est pas impossible que d’autres cas soient révélés », indique Philippe Morel, directeur associé senior au Boston Consulting Group (BCG).

Si les autres acteurs de la place se veulent rassurants sur leur propre activité et se disent protégés face à ce type de difficulté, l’attentisme prévaut néanmoins. Le risque étant que les investisseurs ne cèdent à un effet de panique et récupèrent massivement leurs placements. « Cela ne constitue pas un élément positif pour les gestionnaires d’actifs indépendants », concède l’un d’eux.

Les professionnels soulignent le mode de gestion particulier, et différent du leur, de Richelieu Finance, marqué par une « pondération très importante sur certains titres » et la sélection de certaines valeurs très peu liquides liées à une spécialisation sur les moyennes capitalisations. « Le gros des décollectes se fait sur la gestion européenne, les clients se rendant compte qu’une part non négligeable de la surperformance était due à l’exposition aux small et midcaps. Carmignac Gestion a un profil beaucoup plus diversifié», indiquait hier Frédéric Leroux, responsable de l’analyse économique chez Carmignac, où la collecte nette a atteint 1,5 milliard d'euros en 2007. De son côté, Tocqueville Finance met en lumière une décollecte limitée à environ 3 % des encours moyens sur 2007. Mais celle enregistrée depuis le début de l’année (près de 200 millions) s’élève déjà à 6 % des actifs à fin 2007 (3,6 milliards).

Dans ce contexte, le projet de superconduit à la française, qui doit prochainement voir le jour et vise à répondre aux difficultés de liquidité rencontrées par les fonds, pourrait arriver à point nommé. « Quand une société traverse des difficultés, tout ce qui est de nature à rassurer la Place est bon », relève Philippe Morel. Un autre professionnel, mi-sérieux, en appelait même hier à la Caisse des dépôts, « dont le rôle serait celui qu’elle occupait il y a quinze ans, à savoir assurer la liquidité sur le marché».

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