« La poursuite de la baisse des taux directeurs de la Fed devient moins certaine »

le 18/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

souligne Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel

LAgefi : Vous tablez toujours sur un statu quo de la BCE malgré les inquiétudes de son président en matière de croissance. Pourquoi ?

Jean-Louis Mourier : Certes, Jean-Claude Trichet a insisté, lors de sa dernière conférence de presse, sur les risques qui pèsent sur l’activité. Mais ce changement de discours ne justifie à nos yeux que le retrait du « biais » au durcissement de la politique monétaire. Le scénario de statu quo durable en sort renforcé. L’incertitude croissante s’accompagne d’un constat de solidité de l’économie de la zone euro et d’un risque d’inflation toujours orienté à la hausse. Si le système financier européen venait à être plus durement touché par la crise financière, notamment en cas d’un accroissement des difficultés des assureurs monolines, la BCE serait toutefois amenée à revoir sa position.

Selon vous, la Fed aura-t-elle besoin de poursuivre ses baisses de taux pour soutenir léconomie américaine ?

L’accélération de la détente de la politique monétaire américaine fin janvier a, sans doute, plus été provoquée par un risque financier que par un risque économique. D’un point de vue conjoncturel, l’urgence est difficile à justifier compte tenu des délais d’action de la politique monétaire. La poursuite de la baisse des taux directeurs de la Fed devient moins certaine. Nous n’attendons plus de baisse pour plusieurs raisons. La principale est que la multiplication des mesures de soutien conjoncturel ou destinées à faciliter la sortie de crise financière réduit la probabilité de récession. Dans ce contexte, comme l’ont rappelé plusieurs banquiers centraux ces derniers jours, la Fed va rapidement se souvenir qu’elle a aussi un objectif de stabilité des prix.

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