Le plan Bush laisse Wall Street sceptique

le 21/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

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George W. Bush a appelé à une série d’incitations fiscales en faveur des entreprises «afin qu’elles puissent réaliser des investissements majeurs cette année», ainsi qu’à «des allègements fiscaux directs et rapides en faveur du peuple américain», soit un schéma globalement comparable à celui mis en place à la fin de l’année 2001, après l’éclatement de la bulle internet et les attentats du 11 septembre. Selon plusieurs médias américains, la mesure phare de ce plan de relance serait une réduction d’impôts de 800 dollars pour les individus et de 1600 dollars pour les couples, potentiellement jusqu’à un certain niveau de revenus annuels. Elle pourrait prendre la forme d’un remboursement par chèque adressé par le service de l’impôt sur le revenu (IRS) aux Américains.

Mais lors de sa courte allocution de vendredi, le président Bush s’est délibérément abstenu de présenter un plan détaillé. Il répondait ainsi aux souhaits des responsables du Congrès, et en particulier du leader de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, pour qui les mesures de relances doivent être le produit d’une coopération entre les parlementaires et les principaux responsables de l’administration, notamment le secrétaire au Trésor Henry Paulson, qui s’est montré lui-même réceptif à cette demande. Le président américain a même fait un geste envers le Congrès, en ne subordonnant pas le plan de relance à l’approbation d’une mesure rendant permanente les baisses d’impôts massives adoptées au cours de son premier mandat et qui expirent à la fin de l’année 2010. Mais des divergences pourraient apparaître. Les démocrates souhaiteraient que seuls soient éligibles aux baisses d’impôts les ménages dont les revenus annuels ne dépassent pas 85000 dollars, et appellent à un geste supplémentaire en faveur des chômeurs, des mesures auxquelles la Maison Blanche parait hostile.

Tout en prenant ses distances avec les soubresauts quotidiens des marchés financiers, le président Bush n’en a pas moins insisté sur l’urgence à agir. «Les marchés montent et baissent,» a-t-il reconnu. «On ne peut pas changer cette dynamique fondamentale. Mais il y a parfois des moments où des actions décisives et temporaires peuvent permettre de s’assurer que les ajustements nécessaires des marchés ne portent pas préjudice à la santé de l’économie dans son ensemble. Nous sommes à un tel moment.»

La plupart des économistes ayant étudié l’impact des mesures de 2001 jugent que les remboursements d’impôts ont eu un impact immédiat sur l’activité mais sont beaucoup plus sceptiques sur l’effet des allègements fiscaux accordés aux entreprises.

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