Pardus et Centaurus durcissent le ton face à Atos

le 21/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les deux fonds expliquent qu’ils n’excluent plus de prendre le contrôle de la société, du moins si leurs demandes continuent à ne pas être prises en compte

Alliance ou non ? Telle est la question qui se posera en 2008 pour Atos Origin. Mais le groupe pourrait bien se voir forcer la main. Car vendredi, les fonds Centaurus Alpha et Pardus ont brusquement changé de ton.

Dans un document adressé à l’AMF, ils précisent avoir de nouveau franchi le seuil de 20 % du capital et des droits de vote et indiquent que le concert qu’ils forment a demandé au mois de novembre la nomination de deux personnes au conseil de surveillance. Une demande rejetée par la société. Tant et si bien que désormais le concert « n’exclut pas de prendre le contrôle de la société Atos Origin », précise le document.

Le durcissement du discours apparaît évident puisque dans la précédente déclaration, datant de fin novembre, les deux fonds avaient dit ne pas avoir l’intention de prendre le contrôle d’Atos.

Réelle volonté d’aller plus loin ou simple menace destinée à mettre la pression sur le management ? Pour l’heure, les deux partenaires posent en tout cas des conditions. Alors que le plan 303 a déjà été qualifié de « simple amélioration du profil financier de l’entreprise » par Pardus, le concert compte en effet renouveler sa demande de sièges lors de la prochaine assemblée générale. Et c’est « si les organes sociaux en place persistent à ne pas tenir compte du point de vue de ses actionnaires principaux et/ou venaient à prendre des mesures contraires à l’intérêt social d’Atos Origin », que Pardus et Centaurus pourraient être amenés à agir, d’après le document publié. Le passage à l’action pourrait donc prendre la forme d’une prise de contrôle ou du moins de propositions visant « à un large renouvellement du conseil de surveillance ».

Le climat promet donc de rester très tendu jusqu’au mois de mai entre un management qui devrait défendre son plan d’indépendance basé sur l’offshoring en Inde et des actionnaires activistes pour qui l’avenir passe par une alliance. Ces derniers vont désormais disposer de trois mois pour tenter de rallier à leur cause un actionnariat particulièrement atomisé. Pour cela, ils ne devraient pas manquer de faire valoir qu’en un trimestre le titre a cédé 26 %, soit deux fois et demi plus que le marché parisien. Mais à la décharge d’Atos, il faut aussi reconnaître que l’ensemble du secteur des services informatiques a subi l’impact de la crise ces derniers mois.

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