Orientée pour l’heure sur les participations cotées, Wendel ploie mais ne rompt pas

le 28/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’actif net réévalué par titre a cédé 16 % sur cinq mois, à 113 euros. Les rumeurs de désengagement de KKR dans Legrand sont jugées « sans fondement »

« Un contexte conjoncturel et ponctuel ». Tel est le jugement de Jean-Bernard Lafonta, président du directoire de Wendel, sur l’environnement qui chahute actuellement l’univers du private equity. Un sentiment qui a inspiré l’an passé une évolution sensible du profil de la société d’investissement, au profit de la part dévolue aux participations cotées.

Le dirigeant a rappelé hier, à l’occasion de la présentation des résultats annuels 2007, avoir considéré l’an dernier que les conditions de rachat de sociétés étaient marquées par des valorisations excessives avec des leviers financiers élevés. Après notamment la mise sur le marché de Bureau Veritas et la montée en puissance au capital de Saint-Gobain, les participations cotées de Wendel sont aujourd’hui valorisées à quelque 5,8 milliards d’euros, contre 1,3 milliard pour le non-coté.

Dans ce cadre, l’entrée au capital de Saint-Gobain attire l’attention. Wendel a indiqué mercredi en détenir 20,6 % (L’Agefi du 27 mars). Jean-Bernard Lafonta a précisé ne pas avoir vocation à assurer la gestion opérationnelle du groupe mais à se concentrer sur « un nombre restreint de sujets ». Et des idées, Wendel n’en manque pas, sans nier la convergence sur les axes stratégiques, notamment le recentrage sur l’habitat ou l’accent mis sur les marchés émergents.

Las, l’actif net réévalué (ANR) par titre de Wendel a cédé à fin mars 16 % sur cinq mois, à 113 euros. Il y a un an, cet indicateur s’établissait à 117 euros.

Jean-Bernard Lafonta a par ailleurs assuré que Wendel et KKR partagent un point de vue identique quant aux perspectives de croissance de Legrand, mettant à mal les rumeurs de velléités de désengagement de l’actionnaire américain. Il a en revanche confirmé avoir reçu, concernant Editis, des « marques d’intérêt sérieuses », de groupes tant français qu’étrangers, que Wendel « se doit d’étudier ».

Ces éléments ne sauraient masquer le dynamisme des filiales de Wendel, qui ont enregistré en 2007 une croissance organique moyenne des ventes de 7 %. Le résultat net des activités a ainsi progressé de 13 %, à 408,1 millions d’euros. Enfin, le résultat net du groupe a bondi de 365 à 879 millions, du fait d’un résultat non récurrent de 486 millions porté par l’IPO de Bureau Veritas ou la cession des intérêts immobiliers d’Oranje Nassau, cela en dépit de frais élevés liés au dossier Saint-Gobain, de 345 millions d’euros.

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