Une nouvelle offre pour sauver Bear Stearns

le 25/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Suite de la première page

"Cette action est engagée par la Réserve fédérale avec le soutien du Trésor, pour doper la liquidité du marché et promouvoir son fonctionnement ordonné", explique la Fed de New York dans un communiqué. Si les 29 milliards de dollars d’actifs génèrent des pertes, ils seront financés par la Fed, via un prêt spécial à JPMorgan au taux de 2,5%.

Pour revenir au détail de l’offre, JPMorgan Chase propose donc à présent à 10 dollars par action environ, contre deux dollars précédemment, soit un montant total de l'ordre de 2,1 milliards de dollars contre 236 millions.

Suivant les modalités révisées, chaque action ordinaire Bear Stearns sera échangée contre 0,21753 action ordinaire JPMorgan. Le précédent ratio était d'une pour 0,05473.

En outre, JPMorgan va racheter 95 millions d'actions nouvelles Bear Stearns, représentant 39,5% environ du capital en circulation de la banque d'investissement, transaction qui a la bénédiction du conseil d'administration de Bear Stearns.

JPMorgan compte avoir bouclé l'achat d'actions nouvelles d'ici au 8 avril et précise qu'elle met en réserve six milliards de dollars pour couvrir les frais de licenciement, frais judiriques et autres charges liées à la transaction.

Selon les termes de l'accord initial conclu le 16 mars, JPMorgan s'était engagée à racheter les titres de Bear Stearns au prix de deux dollars l'action, qualifié par beaucoup de rachat "au rabais" de l'une des plus anciennes institutions financières de Wall Street, touchée en plein coeur par la crise du crédit immobilier à risque.

Ce jour-là , ce prix correspondait à environ 7% seulement du dernier cours de Bear Stearns et à environ un centième du record historique inscrit par l'action l'an dernier.

Jamie Damon, PDG de JPMorgan, déclare dans un communiqué: "Nous pensons que les termes révisés sont équitables pour les deux parties et qu'ils reflètent la valeur et les risques liés à la franchise Bear Stearns. Nous comptons maintenant avec confiance conclure rapidement." Selon le New York Times, ce sont les autorités monétaires qui avaient dans un premier temps incité JP Morgan à ne pas payer plus de deux dollars pour être sûres de donner l'impression que c'était la banque que l'on sauvait et pas ses actionnaires.

Cette nouvelle offre "accroît certainement les chances de réussite de l'accord", estime James Ellman, gestionnaire de portefeuille chez Seacliff Capital. "Mais il restera toujours des employés ou des actionnaires pour qui 10 dollars ne suffisent pas", ajoute-t-il.

A lire aussi