"Nous sommes surpondérés sur le haut rendement de manière très sélective"

le 15/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Michael Mewes, gérant crédit chez JPMorgan AM

L'Agefi: La récente réouverture du marché primaire crédit en Europe durera-t-elle?

Michael Mewes: Après un premier semestre 2008 plutôt normal, le marché a été quasiment fermé entre août et novembre du fait de l’augmentation de l’aversion pour le risque des investisseurs, comme l’a montré l’explosion des spreads de crédit (de moins de 200 pb à plus de 400 pb pour les obligations d’entreprises européennes). D’un autre coté, de nombreux établissements financiers et entreprises disposaient encore de suffisamment de liquidités pour éviter de payer les primes élevées requises sur le marché secondaire (cash et CDS). Le niveau extrême des spreads de crédit ayant perduré plus longtemps que ne le prévoyaient nombre d’acteurs de marché, les émetteurs sont désormais plus enclins à accepter les spreads de marché. Si les émissions ont fortement chuté jusqu’à fin novembre (dans les financières, elles ont baissé d’un tiers par rapport au niveau de 2007), l’activité a nettement repris en décembre. Les besoins en capitaux resteront élevés en 2009, et nous estimons que le marché primaire devrait connaître une forte activité tant que les émetteurs continueront à accepter de verser les niveaux de prime actuels.

JPMorgan AM privilégie la catégorie high yield. N'est-ce pas une stratégie risquée au vu de la menace d'une hausse du taux de défaut d'entreprises?

Nous sommes au mieux neutres sur les marchés de crédit. Mais selon nous, le niveau actuel des spreads sur le segment high yield à près de 21% implique un taux de défaut de 15 à 20% par an, ce qui signifierait la disparition de la plupart des émetteurs. Nous ne partageons pas cette vision extrêmement pessimiste, et nous continuons à voir des émetteurs capables de survivre et d’offrir de la valeur. Nous sommes surpondérés sur le high yield de manière très sélective, mais ce segment pourrait devenir un thème au second semestre 2009 lorsque la détérioration économique commencera à se réduire.

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