« Une normalisation du marché du crédit est possible à moyen-terme »

le 21/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

explique Yaël Muscat, responsable de l’expertise crédit chez Groupama AM

L’Agefi : Groupama AM est « neutre » en termes d’exposition de crédit alors que les marges semblent offrir des opportunités d’investissements. Pour quelles raisons ?

Yaël Muscat : Contrairement au marché monétaire, le marché du crédit ne donne pas de signes de normalisation. Les investisseurs restent suspendus à la situation macroéconomique américaine et aux annonces des banques. Si le pipeline des émissions dans le secteur non financier est volumineux, très peu d’émetteurs veulent s’aventurer sur le marché primaire dans les conditions actuelles. De plus, le manque de liquidité et de confiance entre intervenants ne fait que soutenir l’écartement des marges de crédit. La situation à très court terme appelle donc à la prudence, d’où notre neutralité.

Toutefois, à moyen terme, nous croyons à une possible normalisation du marché du crédit et un retour à la confiance des investisseurs. Aux niveaux actuels, les spreads sont décorrélés des fondamentaux et offrent des opportunités d’investissement. Nous sommes prêts à initier des prises de positions mais certaines conditions doivent être d'abord remplies. De fait, si nous attendons une baisse significative des taux de la Fed, cela sera insuffisant pour relancer le marché du crédit, d’autres types de soutien seront nécessaires outre-Atlantique. Dans la zone euro il faudrait quelques nouvelles émissions d’une taille « benchmark » sur les secteurs financier et non financier dont les spreads se resserrent et qui soient largement sursouscrites pour insuffler une nouvelle dynamique en termes de liquidités et de confiance.

Pourquoi privilégiez-vous la catégorie de notation BBB ?

En termes de marges, les obligations BBB sont celles au sein de la catégorie « investissement » qui ont subi les écartements les plus sévères et qui sont déconnectées des fondamentaux qui demeurent solides, le ralentissement économique en zone euro n’étant pas encore avéré. Nous aimons aussi les dettes financières subordonnées dont les niveaux de marges sont exagérés.

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