« La normalisation du crédit devrait intervenir au second semestre sous certaines conditions »

le 28/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

estime Henri Elbaz, directeur de la gestion de taux et crédit chez LCF Edmond de Rothschild

L’Agefi : A quelle échéance placez-vous la normalisation du marché de crédit ?

Henri Elbaz : Avant d’estimer une échéance pour la normalisation du marché du crédit, il faut tout d’abord que plusieurs conditions soient réunies. Les banques centrales américaine et européenne doivent veiller à ce que les conditions d’accès au crédit ne deviennent pas trop restrictives. Des baisses de taux courts seront encore nécessaires aux Etats-Unis et en Europe dès que la problématique de hausse de prix se sera atténuée. Les banques doivent se recapitaliser pour combler leurs pertes et aussi trouver une alternative à l’arrêt brutal et justifié du marché des titrisations. Cet arrêt du marché des titrisations n’est pas transitoire et de nombreuses banques doivent revoir brutalement leurs allocations de liquidités et de fonds propres afin de réintégrer dans leurs bilans les actifs détenus dans ces titrisations. Aux Etats-Unis, une solution de place doit être trouvée pour aider les assureurs monolines à conserver leur indispensable note AAA. Enfin, la confiance des investisseurs doit revenir pour permettre l’indispensable réouverture des marchés primaires. Ces cinq conditions nécessaires à la normalisation du marché du crédit devraient aboutir d’ici au second semestre.

 

Pourquoi privilégiez-vous la catégorie de notation high yield ?

Le risque d’une récession longue aux Etats-Unis et celui d’un ralentissement prononcé en zone euro ne fait pas partie de notre scénario. Depuis plusieurs mois, nous privilégions des sociétés dans la catégorie BB. La forte hausse des primes de risque en janvier est essentiellement le reflet de la restriction extraordinaire de la liquidité et ne reflète pas une forte dégradation des fondamentaux des entreprises qui restent solides et qui n’ont pas de réel besoin de refinancement en 2008. Rappelons qu’avec une prime moyenne à 660 bp et un taux de recouvrement de 30 %, le taux de défaut estimé est de plus de 5 % : un niveau que nous n’anticipons pas aussi haut pour 2008 alors qu’il reste significativement inférieur à 1 % sur les douze derniers mois.

A lire aussi