Nestlé prouve sa capacité à répercuter la flambée des matières premières

le 22/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe suisse a publié un bénéfice net en croissance de 16% en 2007, à 10,7 milliards de francs suisses, et supérieur aux attentes

De bonnes performances, mais il faudra rester attentif à la conjoncture, pensaient hier plusieurs analystes après la publication des résultats annuels de Nestlé. Le groupe suisse a ainsi affiché des résultats en forte hausse pour 2007, avec un résultat net de 10,6 milliards de francs suisses (6,6 milliards d’euros) en progression de 15,8% par rapport à 2006, et alors que le consensus espérait 10,2 milliards. Cette performance s’explique par la hausse des prix pratiqués en 2007 par le groupe, consécutive à l’augmentation des cours des matières premières. La société va pouvoir proposer à ses actionnaires un dividende en hausse de 17 % à 12,2 francs suisses par action, ainsi qu’une division de ses titres de 1 pour 10.

«L’ensemble des chiffres de Nestlé est excellent», résume ainsi Marco Gulper, d’ING, tout en soulignant la «surprenante» baisse des marges en Asie et dans l’activité eau au second semestre. Mais l’analyste demeure confiant dans la capacité de Nestlé à «transférer la hausse des prix des matières premières aux consommateurs». Une confiance partagée par la direction pour 2008, qui entend poursuivre son développement sur les marchés émergents. La société espère réaliser une croissance organique de 5 % à 6 %, ainsi qu’une nouvelle amélioration de sa marge opérationnelle (hors effet de change), qui s’est établie à 14 % en 2007. Par ailleurs, le directeur financier du groupe, James Singh, a précisé que la maîtrise des coûts «demeurait un défi en 2008». Le PDG de Nestlé, Peter Brabeck-Letmathe, a de son côté indiqué que son groupe avait les moyens de résister au ralentissement économique aux Etats-Unis.

La conjoncture économique est d’ailleurs la principale source d’inquiétude des analystes. Jon Cox, analyste chez Landsbanki Kepler, déclare que Nestlé «doit faire très attention maintenant avec les hausses des prix compte tenu du ralentissement de l’économie américaine». Un sentiment partagé par Jerome Schupp de la Banque Syz, pour qui «la consommation américaine peut montrer des faiblesses.[…]et les cours des matières premières peuvent peser sur les marges brutes». Pour la banque Wegelin, cette publication reflète «des résultats brillants au premier coup d'œil, l'amélioration des marges n'allant pas de soi avec la hausse des prix des matières premières».

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