Natixis jette le doute sur sa situation et plonge en Bourse

le 18/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les analystes sont surpris par les détails sur l'exposition communiqués jeudi soir. Le titre a fini en baisse de 10,71% vendredi, à moins de dix euros

C’est souvent un mauvais signe lorsqu’une entreprise décide d’avancer ces résultats. Natixis s’était senti contraint jeudi soir de publier une estimation avant la date de publication fixée au 6 mars prochain, « pour répondre au attentes du marché ». Ce dernier n’a pas été tendre avec la valeur vendredi : le cours a fini en baisse de 10,71 %, à 9,84 euros, mais avait perdu jusqu’à 17 % en séance. Si la banque affirme que « l’exercice 2007 dans sa globalité aura confirmé la bonne résistance de Natixis à un environnement dégradé », les analystes sont moins convaincus.

Ceux d’Oddo s’étonnent ainsi que le résultat net annuel 2007 ne soit que d’environ un milliard d’euros, tandis qu’il y a « encore trois semaines », la banque détenue par les groupes Banques Populaires et Caisse d’épargne prévoyait, d’après eux, au minimum 1,7 milliard d’euros, soit le résultat net courant à fin septembre 2007. « Plus embarrassant », ajoutent-ils, est l’exposition brute de la banque aux CDO, qui est remontée de 356 millions d’euros fin septembre à 703 millions. Natixis explique que « l’augmentation de certains montants bruts d’exposition par rapport au 30 septembre 2007 correspond à la prise en compte d’actifs logés dans des conduits ». Et les analystes d’Oddo d’ajouter qu'« aux dernières nouvelles, Natixis possédait 6 milliards d’euros d’actifs dans des conduits. D’autres actifs seront-ils réintégrés dans le bilan en 2008 ? ».

De plus, l’exposition de Natixis aux rehausseurs de crédit autres que CIFG, son ancienne filiale, a surpris le marché. La banque a passé 380 millions d’euros de dépréciations au titre de son exposition aux monolines MBIA, XL et Assured, soit presque autant que l’impact après impôts de 369 millions d’euros enregistrés après la cession de CIFG.

L’entrée de Jean-Marc Moriani et Jean-Pascal Beaufret au directoire, pour constituer un management « adapté à un environnement devenu plus exigeant » selon Natixis, mais synonyme d'un déséquilibre de la gouvernance au profit des Banques Populaires, n'enthousiasme pas non plus les analystes. Natixis assure qu’aucune augmentation du capital n’est prévue, disposant d’une « structure financière solide avec un ratio tier one qui devrait ressortir à au moins 8 % au 31 décembre 2007 ». Le groupe confirme un pay-out de 50 %, mais pourrait proposer le paiement du dividende 2007 en actions, affirme un analyste chez Natixis Securities.

A lire aussi