Le mouvement global de pentification de la courbe des taux allemande a encore du potentiel

le 12/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après s'être creusé fortement depuis le début de l'année, l'écart de rendement entre les Bunds à 30 et 10 ans s'est stabilisé à 51 pb

Les titres d’Etat allemands sont ceux qui, au sein de la zone euro, ont le plus profité du phénomène de fuite vers la qualité. Sur la partie courte de la courbe des taux, la plus sensible aux anticipations de politique monétaire, le Bund à deux ans a vu son rendement chuter, depuis le début de l’année, de 89 points de base (pb), passant de 3,988 % le 1er janvier à 3,098 % hier, contre 3,28 % et 3,3 % pour les titres français et italiens. L'effondrement des rendements s'explique par l'intensification des anticipations de baisses des taux de la BCE (100 pb d'ici la fin 2008), déclenchée par les réductions des taux de la Fed et par les inquiétudes de Jean-Claude Trichet sur la croissance européenne.

Cela a amené la courbe des taux à se pentifier davantage : l’écart de taux entre les Bunds 10 ans et 2 ans , qui était de 34 pb début janvier, valait 78 pb lundi. A long terme, les obligations outre-Rhin à 30 et 10 ans ont aussi bénéficié de l’aversion pour le risque, conduisant le spread 10-30 ans à toucher un plus haut le 23 janvier à 55 pb, contre 27 pb au 1er janvier. Toutefois, depuis cette date, ce différentiel de taux s’est stabilisé autour de 51 pb alors que les taux 20 et 30 ans ont commencé à se traiter quasiment au même niveau, autour de 4,40 %. Pour les experts, cette situation est temporaire. « L’aplatissement de la partie longue de la courbe des taux allemande est un mouvement de circonstance. Elle bénéficie de la prime à la valeur refuge, tout comme la partie courte. De fait, les gérants se placent à l’achat sur le court mais aussi sur le long terme, pour maintenir un niveau de duration dans leur portefeuille. Cela dit, le mouvement global de pentification n'est pas terminé », explique Patrick Jacq, stratégiste taux chez BNP Paribas. Aux yeux de Nordine Naam, stratégiste taux chez Natixis, « le marché qui anticipe 100 pb de réduction de taux en zone euro, a pris de l’avance sur la BCE. Mais une fois qu’il aura épuisé le potentiel de baisse des rendements sur la partie courte de la courbe des taux, il se placera sur la partie longue qui offre encore du potentiel. A court terme, nous voyons les taux à 10 ans allemands à 3,70 % et ceux à 30 ans à 4,30 % soit un spread de 60 pb ». Les taux 10 ans se traitaient hier à 3,88 %. Calyon estime aussi qu’il y a un risque d’écartement supplémentaire du 10-30 ans si la crise du subprime venait à empirer.

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