La mobilisation autour du Livret A prend de l’ampleur

le 07/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après la Banque Postale et l'Ecureuil, les syndicats et le monde du logement social sont entrés hier en campagne devant les députés

A un mois des élections municipales, les opposants à une banalisation sans réserve du Livret A donnent de la voix pour rallier les politiques à leur cause. Le calendrier serré exige d’aller vite. La banalisation du produit, et la prise en compte partielle ou totale des propositions du rapport Camdessus rendu sur le sujet en décembre, figurera dans le projet de loi de modernisation économique qui sera débattu au printemps, après les élections. Un texte aujourd’hui en préparation au Trésor, et dont une première mouture devrait passer devant le conseil d’Etat fin février.

Hier, la Commission des finances de l’Assemblée a ainsi reçu successivement les syndicats du secteur financier semi-public puis l’Union sociale pour l’habitat (USH). Les premiers ont organisé dans la matinée un rassemblement de 350 à 400 personnes, parmi lesquelles des personnalités politiques de gauche, pour lancer une campagne nationale contre la banalisation, baptisée «Pas touche au Livret A». La seconde, qui mobilise ses relais dans les collectivités locales, a fait ses propres propositions en insistant sur la nécessité d’études d’impact préalables à toute réforme.

L’USH a déjà déposé un recours à Bruxelles en qualité de tiers intéressé contre la décision de la Commission européenne enjoignant de mettre fin au monopole de distribution du Livret A avant le 11 février. Le monde du logement social souhaite par ailleurs qu’un « vrai cahier des charges conditionne l’ouverture de la distribution ». L’USH prône notamment un maintien de la centralisation de la collecte à 100 % du Livret A (contre 70 % dans le rapport Camdessus), et un plancher de 70 % pour le total de collecte du Livret A et du Livret de développement durable (l’ex-Codevi). Elle souhaite aussi un taux de commissionnement « fixé dans un contrat » avec chaque banque, et qui tienne compte des « particularités des réseaux et de leur clientèle », au lieu des 0,4 % avancés par le rapport.

Ces initiatives succèdent à celles des deux réseaux collecteurs. La Banque Postale vient ainsi de lancer une campagne de communication « I love L.A.». Les Caisses d’Epargne, qui ont elles aussi de forts relais politiques, brandissent la menace de 1.000 fermetures d’agences, pour mieux négocier les conditions de leur transition vers la banalisation.

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