Michelin soumet les constructeurs automobiles aux aléas pétroliers

le 25/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le fabricant de pneumatiques a décidé d’indexer dès le premier avril ses facturations sur l’évolution du baril de pétrole

Michelin n’entend plus subir passivement la volatilité des prix pétroliers. Face à la « récente flambée » de ces derniers, pesant sur ses coûts de production, le fabricant de pneumatiques a décidé d’instaurer, dès le 1er avril, un nouveau dispositif de tarification à destination des constructeurs automobiles.

Michelin souhaite ainsi « distinguer, en toute transparence, les effets matières premières liés au pétrole de la valeur intrinsèque des pneus Michelin ». Le groupe clermontois a indiqué que ses prix seraient désormais ajustés par tranche de variation de cinq dollars du prix moyen sur le mois précédent du baril de Brent. Une initiative qui laisse transparaître une certaine confiance en une hausse structurelle et continue du prix du baril, quand bien même Michelin avance que la nouvelle grille tarifaire est tout à fait ouverte, à la hausse comme à la baisse.

Les clients concernés ont été préalablement informés de ce nouveau dispositif, qui ne remet nullement en cause les relations commerciales existantes, selon un porte-parole.

Une exigence d’adaptabilité d’autant plus cruciale pour Michelin, que le groupe est en grande partie lié à des engagements pris au moment même de la conception d’un nouveau véhicule, soit deux ans environ avant sa mise sur le marché, ce lien prévalant durant toute la durée de vie du modèle. Or, Michelin a avancé que 60 % des coûts de fabrication des produits concernés par l’annonce faite vendredi sont issus de dérivés du pétrole.

Naturellement, des négociations régulières avaient lieu avec nombre de clients. Michelin entend aujourd’hui remplacer ces pourparlers individuels et ponctuels par la mise en œuvre d’un cadre de base s’appliquant de façon claire à l’ensemble de ses clients. Des discussions auront bien toujours lieu, sur une base cependant plus claire et applicable à tous.

L’annonce faite vendredi constitue une innovation de la part de Michelin, qui avait fait part il y a quelques semaines seulement de diverses hausses de tarifs de ses pneus de remplacement en Amérique du Nord et en Europe. Outre-Atlantique, cette mesure pour les poids lourds pourrait atteindre jusqu’à 8 %. Le japonais Bridgestone, principal concurrent de Michelin dans le monde, a concédé il y a un mois anticiper un repli de 22 % de son résultat d’exploitation annuel à fin mars en raison notamment de la hausse du coût des matières premières.

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