« Les mesures de la Fed permettront une appréciation progressive des actions »

le 25/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

anticipe Jean-François Virolle, directeur de la stratégie chez Global-Equities

L’Agefi : La baisse des taux directeurs de la Fed vous incite-t-elle à être plus optimiste sur les actions ?

Jean-François Virolle : Cette baisse à 2,25 % du taux des Fed funds, certainement pas la dernière, s’inscrit dans un panel de mesures destinées à restaurer la confiance sur le marché interbancaire, et à éviter une crise du crédit et, surtout, de liquidité. Notons l’action conjointe avec d’autres banques centrales, dont la BCE, visant à permettre le prêt aux établissements financiers à hauteur de 200 milliards de dollars d’obligations du Trésor américain contre des collatéraux très dégradés et peu liquides bien que bénéficiant d’une signature AAA. Ajoutons 200 milliards de dollars d’opérations habituelles ou exceptionnelles de prises en pension contre des liquidités. Enfin la baisse du Prime Credit Rate le 16 mars et l’intervention de la Fed dans le rachat de Bear Stearns par JPMorgan complètent les efforts de la Fed pour juguler la grave crise financière de rating/titrisation. La Federal Housing Administration, de son côté, s’emploie à éviter une crise immobilière majeure avec un plan de sauvetage des ménages en difficulté à hauteur de 300 milliards de dollars. Tout ce qui va dans le sens de la normalisation des marchés interbancaires, du soutien au marché immobilier, du règlement de la crise des subprimes et des monolines, d’une baisse des taux d’intérêt et du sauvetage du système financier permettra une appréciation progressive, mais très lente, des indices actions.

Les craintes accrues sur les bancaires et la faiblesse du dollar ne risquent-elles pas de faire retomber les Bourses ?

Le secteur financier va progressivement bénéficier des actions des banques centrales et des gouvernements. La faiblesse du dollar devient préoccupante pour l’économie de la zone euro. Mais la baisse des taux américains, qui accroît les écarts de taux avec l’Europe, va devenir positive en termes de croissance du PIB américain et, finalement, enrayer le recul du dollar.

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