« Les marges des entreprises, actuellement à des niveaux très élevés, devraient se dégrader »

le 28/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

prévient Matthieu Grouès, responsable de la stratégie et de la gestion diversifiée chez Lazard Gestion

L’Agefi : Pourquoi anticipez-vous un recul des marchés actions en 2008 ?

Matthieu Grouès : Les analystes anticipent toujours des résultats 2008 en hausse, alors que nous pensons que ces résultats devraient diminuer pour plusieurs raisons. Notre scénario est celui d’une récession aux Etats-Unis, où la purge des excès du secteur résidentiel américain devrait finir par emporter le reste de l’économie américaine. De plus, nous demeurons assez sceptiques sur la capacité des autres zones à résister. Outre ce ralentissement de l’activité, les marges des entreprises sont actuellement à des niveaux très élevés, difficilement soutenables et devraient se dégrader. Troisième élément, la crise financière n’est pas à son terme et les banques devraient réduire leur offre de crédit, ce qui devrait peser sur le financement des entreprises, des ménages et sur les stratégies à effet de levier.

La récente accélération de la consolidation des Bourses vous incite-t-elle à modifier vos prévisions ?

Notre scénario restant d’actualité, nos anticipations de fin d’année n’ont pas varié. Si la baisse récente a ramené les marchés actions sur des niveaux qui nous semblent être des niveaux d’achats par rapport à notre objectif de fin d’année (CAC à 5.500 points), la forte volatilité actuelle et un flux d’informations qui promet d’être délicat à digérer nous conduisent à conseiller à nos clients une stratégie d’achats par paliers. En effet, il est difficile aujourd’hui de dire quel sera le point bas. Les mauvaises surprises sur les résultats des entreprises vont s’étendre à mesure de la propagation du ralentissement économique aux autres zones. Par ailleurs il est peu probable que les banques en aient fini avec les dépréciations d’actifs. Il faudra donc attendre quelques mois de plus pour que les marchés retrouvent leur sérénité.

A lire aussi