Le marché joue une baisse des taux de la BCE au printemps

le 08/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le président de la BCE continue à focaliser son discours sur les risques d’une propagation des pressions inflationnistes court terme sur le moyen terme, tout en évoquant le contexte actuel de croissance très vigoureuse de la masse monétaire et du crédit. En janvier, l’estimation flash de l’inflation en zone euro avait atteint 3,2 %, contre 1,8 % un an plus tôt. En décembre, la masse monétaire M3, indicateur particulièrement suivi par l’autorité monétaire, a continué à croître de 11,5 % en rythme annualisé, contre 12,3 % en novembre, bien que cette progression soit due pour partie à un phénomène de réintermédiation bancaire.

Pour autant, les économistes de Calyon jugent le ton de Jean-Claude Trichet sur les perspectives économiques « plus accommodant » qu'auparavantCe dernier a souligné que « les dernières informations sur l’activité économique fin 2007 et début 2008 indiquent un taux de croissance plus modéré dans la zone euro que celui de 0,8 % d’un trimestre sur l’autre observé au troisième trimestre de 2007» a précisé Jean-Claude Trichet. Le banquier central estime que le ralentissement économique chez certains partenaires commerciaux majeurs de la zone euro affectera probablement la croissance du PIB réel de la zone euro en 2008. Il relève surtout une « incertitude inhabituellement élevée » quant à l’impact global, sur l’économie réelle, de la réappréciation des risques dans les marchés financiers.  

« La BCE devrait commencer à baisser son taux directeur avant la fin du printemps, une fois que le ralentissement économique, annoncé par les enquêtes de conjoncture, se traduira clairement dans les données d’activité », souligne dans une note BNP Paribas. La banque française fait référence à l'évolution de l’indice PMI composite d’activité qui signale clairement un taux de croissance du PIB au-dessous de son rythme potentiel. Pour Lehman Brothers, « le changement dans la communication de la BCE augmente les risques d'une baisse des taux en avril ou mai ».

Le marché partage ce sentiment. Selon un trader, les contrats sur l'Euribor intégreraient à présent une baisse du taux de refinancement de 25 pb en avril à 3,75 %, puis à 3,50 en juin. A horizon 12 mois, 100 pb de baisse de taux sont attendus. Les ajustements des anticipations sont drastiques. Avant le Conseil des gouverneurs, une première intervention de 25 pb de la BCE n’était pas attendue avant le mois de juin. Sur le marché des changes, en réaction à un discours moins restrictif de la part de la BCE, l'euro a fortement reculé face au billet vert, l'euro/dollar abandonnant 1 % à 1,44. La parité était encore à 1,48 lundi.

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