Le marché immobilier résidentiel britannique sort furtivement de l’ornière

le 19/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La baisse des taux de la Banque d’Angleterre a soutenu une hausse de 3,2 % du prix des biens en février, selon le site d’annonces Rightmove

Pour le site de référence en matière d’annonces immobilières outre-Manche Rightmove, pas de doute : le cycle de détente monétaire poursuivi par la Banque d’Angleterre (BoE) a fini par un impact visible de tous, celui d’un rebond des prix de l’immobilier résidentiel dans le royaume. Certes, ce regain de vigueur pourrait n’être que ponctuel mais pour Rightmove, en février, le prix moyen des biens visible sur son site, en cours de vente donc, a enregistré un gain de 3,2 % par rapport au mois précédent. Il s'élève à quelque 237.856 livres, un peu plus de 317.000 euros. Après un repli de 0,8 % il y a un mois, la hausse de février porte la progression annuelle des prix d’annonces de 3,4 à 5,8 %.

Pour le directeur commercial de Rightmove, Miles Shipside, « cela n’a rien du retour de boom », la meilleure forme du marché étant le fait de vendeurs estimant qu’après plusieurs gestes de la part de la BoE, l’horizon était plus clair et méritait de demander davantage pour leur bien. Pour ajouter à ce climat incertain, Rightmove rappelle en effet que le mois de février est traditionnellement marqué par l’« optimisme des vendeurs », ces derniers estimant avoir du temps devant eux pour tester le marché en début d’année. Mais la transparence du secteur permettra rapidement d’établir une juste valeur.

Rien n’est donc définitif et Rightmove sait n’envoyer qu’un signal, encourageant certes. Le gouverneur de la banque centrale, Mervyn King, a ainsi estimé la semaine passée que le déclin des prix pourrait bien se poursuivre au regard d’une croissance économique affaiblie et des restrictions à l’octroi des prêts engagées par les banques. Aux yeux de Rightmove en effet, les éléments techniques du marché laissent toujours percer des incertitudes, à l’image d’une période moyenne de présence sur le marché passée de 78 à 93 jours depuis un an ou d’un stock d’invendus par agents immobiliers passant sur la période de 54 à 64 biens.

Ainsi, les indicateurs ne sont pas encore concordants, le marché semblant en équilibre précaire. Une tendance incertaine qui devrait prévaloir tout au long de l’année, selon Miles Shipside. Pour la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS), les prix de vente ont poursuivi leur baisse en janvier, à un point inédit depuis l’issue de la récession en 1992, tandis que le principal prêteur immobilier britannique, HBOS, avançait que les tarifs avaient stagné le mois dernier.

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