Le marché français des LBO midcaps retrouve des couleurs

le 13/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Industri Kapital a acquis Etanco pour 255 millions d’euros, tandis qu’Alpha va annoncer la reprise de Frial pour 180 millions

Depuis la crise sur les marchés de crédit, le marché français des LBO nous avait habitués à des transactions comprises entre une dizaine et une centaine de millions d’euros. Pourtant, deux opérations récentes ont animé le marché des midcaps. Il s’agit d’opérations primaires (n’étant pas déjà sous LBO).

L’équipe française d’Industri Kapital vient d’acquérir la société familiale Etanco (systèmes de fixation dans le bâtiment) pour 255 millions d’euros. Par ailleurs, la société de gestion Groupe Alpha devrait prochainement annoncer la reprise du spécialiste des produits de la mer surgelés Frial ; le montant serait légèrement inférieur à 180 millions d’euros. Barclays est l’arrangeur mandaté du financement (dette senior et mezzanine sans warrant, qui sera syndiquée auprès du britannique MezzVest) ; il sera rejoint par Cadif et Fortis, candidats malheureux à l’arrangement. Etant donné le contexte du marché, la part amortissable du crédit senior a été portée à un peu plus de 50 %, par opposition aux tranches B et C remboursables in fine.

Ces opérations comptent parmi les plus importantes de ces six derniers mois. En novembre dernier, Candover avait acquis Alma Consulting auprès d’Apax Parters pour 800 millions d’euros. Mais Royal Bank of Scotland, l’arrangeur du financement, avait déjà réalisé le refinancement d’Alma en juin, au cours du LBO précédent ; en outre, le financement avait en grande partie consisté en un repricing à la hausse de la dette. L’achat de Nobel Explosifs par LFPI (de la galaxie Lazard) et sa fusion avec Titanite, déjà détenue par la société de gestion, avait généré une opération de quelque 200 millions d’euros. Mais ce montant comptabilise le nouvel ensemble.

Les professionnels estiment qu’il est encore possible de financer des dossiers de qualité. Mais il s’agit souvent de dossiers primaires (les fonds hésitant à mettre en vente des actifs achetés au prix fort un ou deux ans auparavant), faisant intervenir soit la banque traditionnelle de la société, ou une banque ayant des relations historiques avec le fonds – Barclays est ainsi un partenaire de longue date d’Alpha, pour qui il avait arrangé le LBO sur Comptoir des Cotonniers en 2004. En outre, les fonds sont tenus de mettre davantage de fonds propres (facilement 40 %). Ce qui laisse entrevoir des refinancements en masse le jour où le marché de la dette repartira.

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