Le marché du crédit plus pessimiste que celui des actions sur les banques américaines

le 06/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sur les deux dernières semaines de janvier, les valeurs bancaires et financières ont connu un rally de 9 % environ alors que les marges se sont écartées

Malgré les dépréciations d’actifs et pertes substantielles liées à la crise du subprime, les banques américaines ont connu un rally boursier au cours des deux dernières semaines de janvier. De fait, l’indice Nyse Financial qui suit le secteur bancaire et financier a grimpé de plus de 9 % sur cette période. Pour autant, les marges de crédit des banques tier one et tier two ont continué à s’élargir de près de 6 à 10 point de base (pb) la semaine dernière à 243 et 228 pb, soit en tout 50 pb sur le mois. « Le marché du crédit a une vision beaucoup plus sombre sur le secteur bancaire que le marché des actions, qui doit compter sur la création de valeur au travers des opérations de fusions-acquisitions », précise Dresdner Kleinwort.

Les analystes du courtier ne pensent pas que les investisseurs de crédit tiendront compte des vues plus optimistes des marchés actions, entres autres, à cause de la poursuite des dépréciations d’actifs pour une grande partie de l’année 2008, des dépréciations qui risquent de dépasser celles enregistrées les années passées. Dans une conférence le 31 janvier, les experts de l’analyse financière et du crédit de Groupama AM faisaient la liste des causes possibles de nouvelles provisions des banques en 2008. Parmi elles figuraient une dégradation continue des prix immobiliers américains causant une remontée des taux de défaut, la révélation des pertes d’autres acteurs comme les hedge funds ou l’aggravation de la crise des monolines.

L’extension de la crise à d’autres secteurs économiques est aussi un risque non négligeable. Les publications de résultats du dernier trimestre 2007 ont montré que les banques avaient commencé à augmenter les provisions pour dépréciation en matière de cartes de crédit et de crédit auto. Surtout, Dredsner kleinwort ajoute que « la génération de revenus sera plus difficile que par le passé. Nous avons vu peu d’activité dans le marché du crédit structuré qui ait été un élément monteur du modèle rentable origination/distribution (...). La vision positive des marchés actions [sur cette période, ndlr] indique qu’ils pensent que le pire est arrivé ».

Pour autant, cette différence de vues s'est quelque peu atténuée hier après la débâcle boursière provoquée par la montée en puissance des craintes d’une récession outre-Atlantique (lire page une).

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