Le Liechtenstein défend son système bancaire face à l'Europe

le 20/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le petit Etat annonce une offensive judiciaire. Jean-Claude Junker estime que le prochain Ecofin devra débattre de la fiscalité

Pas certain que les autorités du Liechtenstein apprécient beaucoup de voir le Premier ministre du Luxembourg expliquer que l’Ecofin des ministres des Finances de l'Union européenne devrait débattre de la fiscalité au Liechtenstein.

"Je suppose qu'il y aura un débat sur les règles de taxation des intérêts lors du prochain Ecofin», estimait hier Jean-Claude Junker, qui préside l’Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro. Il a rajouté que des niches fiscales propres au Liechtenstein devraient être supprimées et il a assuré qu'il existait un consensus au sein de l'Union sur la nécessité d'inclure les pays extérieurs à l'UE dans le débat sur la politique fiscale.

Une nouvelle fois, ce confetti alpin revient à la une de l’actualité depuis que son puissant voisin l’Allemagne est secoué depuis plusieurs jours par un scandale fiscal de grande ampleur, plusieurs dizaines de personnalités étant soupçonnées d'avoir dissimulé des montants importants au fisc par le biais d'investissements au Liechtenstein.

La réplique est venue et le Liechtenstein a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête pour déterminer si l'Allemagne s'est procuré illégalement des informations sur des clients de banques de la principauté. "Une nation est-elle autorisée à obtenir des données en enfreignant les lois d'une nation amie, et probablement aussi les siennes ?", a déclaré au cours d'une conférence de presse le prince Alois von und zu Liechtenstein, chef d'Etat en exercice.

"J'ai pris note des développements les plus récents avec inquiétude. Nous réfléchirons à de nouvelles démarches judiciaires pour protéger nos citoyens et les investisseurs qui nous font confiance", a-t-il ajouté.

Dans le cadre de ces investigations, la justice allemande multiplie les perquisitions de domiciles et de bureaux.

"Le gouvernement allemand n'a toujours pas compris comment s'y prendre avec les pays amis", a poursuivi le prince Alois. "Au bout du compte, c'est un problème allemand. Leur système fiscal est si peu attractif que beaucoup de clients partent à l'étranger et ne déclarent rien".

Le secteur financier joue un rôle majeur dans l'économie du Liechtenstein, minuscule pays situé entre la Suisse et l'Autriche. La principauté a fait beaucoup d'efforts pour redorer son blason, mais reste toujours sur la liste noire de l'OCDE regroupant les paradis fiscaux accusé de ne pas suffisamment coopérer, avec seulement deux autres Etats, Andorre et Monaco.

A lire aussi