L’effondrement du dollar fait s’envoler l’euro et le pétrole

le 27/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La monnaie unique a dépassé pour la première fois les 1,5 dollar, alors que le brut léger américain a atteint 101,43 dollar le baril

Qu’il semble loin le temps où le dollar était aussi bon que de l’or. L'euro a ainsi dépassé pour la première fois la barre des 1,5 dollar, à 1,5047. La monnaie unique est soutenue par des anticipations sur de nouvelles baisses des taux d’intérêt aux Etats-Unis et un statu quo des taux de la Banque Centrale Européenne (BCE). Certains, comme chez Merrill Lynch, estime d’ailleurs maintenant que l’euro pourrait maintenant atteindre les 1,57 dollar d’ici fin mars. Les cours du pétrole ont eux aussi atteints des nouveaux plus hauts historiques. Le baril de brut léger américain s’est ainsi élevé à 101,43 dollars et a clôturé au niveau historique de 100,88 dollars. Le Brent de la mer du Nord s’est établi à 100,03 dollars. Pour Mark Waggoner, président d’Excel Futures, il est clair que «la baisse du dollar» est le «catalyseur de cette flambée du pétrole». Parmi les raisons de cette tendance, on évoque la forte demande de fioul domestique en Europe et aux Etats-Unis et le sentiment que l’Opep ne relèvera pas son plafond de production.

«L’événement clé aujourd’hui a été le sondage Ifo» explique ainsi Boris Schlossberg de DailyFX, la statistique allemande sur la confiance des entrepreneurs est ressortie à la hausse, à 104,1 en février, alors que le consensus attendait un repli à 102,9. Pour l’analyste, cela a confirmé l’idée que l’économie se portait mieux en Europe qu’aux Etats-Unis, justifiant le sentiment de «découplage». Matthew Strauss, stratégiste chez RBC Capital Markets, précise que «le rapport de l’Ifo était ce dont le marché avait besoin. Les statistiques américaines, si l’on excepte le PPI, sont négatives. Le commentaire de Kohn a aussi ajouté un sentiment négatif sur le dollar». Le vice-président de la réserve fédérale américaine, Donald Kohn, avait déclaré que les inquiétudes sur la croissance américaine étaient plus fortes que celles portant sur l’inflation. De son côté, Tony Machacek de Bache Commodities préfère évoquer «l’influence des températures froides sur l’imaginaire collectif».

Les analystes estiment que le différentiel entre les taux d’intérêts américains et européens va devenir un indicateur très suivi. Tony Morriss, stratégiste, pense que l’on est entrée dans une nouvelle ère de «faiblesse du dollar», pensant que «la Fed va envoyer un signal très clair de soutien à la croissance». Les traders attendent d’ailleurs à 96% une baisse de 50 points de base des taux américains le 18 mars prochain.

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