L'année 2008 s'annonce difficile pour l'immobilier de bureaux en Ile-de-France

le 28/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La demande placée a chuté de 70 % au premier trimestre avec une offre en locaux neufs qui ne cesse de croître

Le repli de la demande de location de bureaux en Ile-de-France entamé fin 2007 avec la crise du subprime s'est fortement accentué au premier trimestre. Paralysée par l'incertitude sur l'avenir, la demande placée a chuté de 70 % entre le premier trimestre 2007 et le premier trimestre 2008, après avoir baissé de 17 % au quatrième trimestre 2007, a indiqué Jean-Michel Ciuch, directeur des études du Crédit Foncier. « Cela prépare déjà une année 2008 difficile », a-t-il déclaré à Reuters en marge de la présentation aux professionnels de l'étude annuelle sur les marchés immobiliers.

Parallèlement, l'offre de bureaux neufs ne cesse de croître sur ce marché, avec environ 1,3 million de m² mis en chantier en 2007, qui seront livrés fin 2008 ou en 2009 et dont la moitié n'est pas encore louée. « L'offre (de bureaux) disponible à un an, qui était de 3,5 millions de m² fin 2007, est aujourd'hui à 3,7 millions et il n'est pas déraisonnable de penser qu'elle approchera des 4 millions courant 2008, tout comme en 2003, en pleine crise immobilière », a-t-il dit à Reuters.

Dans leur étude, les experts remarquent que début 2006 chaque m² loué n’induit une baisse de stocks que de 0,2 m². Seuls 15 % des m² placés depuis 2002 résultent de créations nettes d’emplois. Le rapport remarque que « l’économie francilienne patine depuis plusieurs années », et le taux de vacance moyen est nettement supérieur au seuil de fluidité.

En 2007, le volume de commercialisation s'est établi à 2,7 millions de m² environ, en léger retrait par rapport aux 2,9 millions de 2006 en raison du ralentissement du deuxième semestre.

Le marché de l'investissement, sur lequel les acheteurs se trouvent en position de force, devrait également connaître un « net repli » au premier semestre 2008, « avec peut-être une légère compensation au deuxième semestre », selon l'expert du Crédit Foncier, qui attend des rendements en hausse de 20 à 200 points de base cette année selon la qualité et l'emplacement des immeubles. Ce secteur au plan national avait établi un nouveau record en 2007 avec un montant de presque 30 milliards d’euros, en hausse de 14 % par rapport à 2006.

La situation se détériore aussi dans le logement. « Des signaux de ralentissement s'accentuent », selon le Crédit foncier, qui cite notamment la hausse de plus de 10 % du taux de désistement des acheteurs en un an.

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