KfW démarre le processus de vente de la banque en difficulté IKB

le 21/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Merrill Lynch est chargé de trouver un acquéreur pour l'établissement durement ébranlé par la crise. Mais les acheteurs potentiels se font rares

Première grande victime européenne de la crise de crédit, la banque IKB a été officiellement mise en vente vendredi par son actionnaire principal, l’agence du Trésor allemand KfW. Elle a chargé la banque d’affaires Merrill Lynch de trouver un acquéreur pour cet établissement semi-public spécialisé dans le financement des PME. La part de KfW qui détient actuellement actuellement 37,8 % d’IKB doit monter à 43,4 % dans le cadre d'une émission d'obligations convertibles en actions. La vente concerne également les 11,8 % détenus par une fondation privée ainsi que la participation de quelque 5 % de la banque privée Sal. Oppenheim. La décision n’est pas une surprise puisque le sauvetage d’IKB en août dernier par l’ensemble de la finance allemande avait été soumis à la condition que cet établissement, une fois stabilisée, serait vendu. Les actionnaires se sont fixés pour objectif de boucler la vente au plus tard avant l’été prochain.

« Un but ambitieux », estiment les analystes de MM Warburg car le nombre de candidats se fait de plus en plus rare. Après l’accumulation des difficultés au cours des derniers mois, les acheteurs potentiels d’IKB ont pour la plupart déclaré forfait. La caisse centrale des banques mutualistes, DZ Bank, qui avait été une des premières banques à annoncer son intérêt pour IKB a récemment fait marche arrière. « Nous sommes moins intéressés que dans le passé », a expliqué la semaine dernière l’un de ses directeurs, Christopher Pleister. Même son de cloche de la part de Commerzbank, dont le futur patron, Martin Blessing, estime que « la prise de contrôle d’IKB n’apporterait pas la plus-value attendue par nos actionnaires et nos clients ».

La Fédération des Caisses d'Epargne allemandes, DSGV, s’affiche également réservée, estimant que sa priorité est l’intégration de la banque de Berlin, LBB, reprise l’an dernier. La seule candidate encore en lice, la banque publique WestLB, est elle-même durement ébranlée par la crise. Son espoir repose sur l’annonce d’une importante recapitalisation par son actionnaire principal, le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Selon les analystes le prix d’achat d’IKB ne devrait pas dépasser quelques centaines de millions d’euros. Cotés au second marché de la Bourse de Francfort, les titres de la banque ont chuté de 80 % depuis août dernier. La banque s’attend pour l’exercice 2007-2008 (clos le 31 mars) à une perte de 600 à 700 millions d'euros.

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