Les investisseurs vont se montrer plus regardants à l’égard des fonds alternatifs

le 29/12/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque suisse UBP va imposer ses règles aux hedge funds dans lesquels elle investit, en demandant la nomination d’administrateurs indépendants

Le scandale Madoff devrait engendrer la remise en cause du système opaque propre à l’industrie des hedge funds. La banque suisse UBP, l’un des principaux investisseurs en hedge funds avec une allocation de 56 milliards de dollars dans cette classe d’actifs, vient de prendre les devants. Exposée à hauteur de 700 millions de dollars à l’affaire Madoff, UBP va imposer aux gestionnaires de disposer d’administrateurs et dépositaires indépendants, sous peine de retirer ses fonds. Alors que la banque helvétique compte dans sa liste de hedge funds des acteurs clés tels que Citadel ou Cerberus, cette décision ne devrait pas passer inaperçue. 

Si la pratique de nommer des administrateurs indépendants est courante en Europe, la décision d’UBP va plus spécifiquement toucher l’industrie américaine, où les plus grands fonds ne se plient pas à ces règles. Par ailleurs, «il existe outre-Atlantique une confusion entre les fonctions de gérant pour compte de tiers, de broker-dealer et de conservateur, ce qui n’est pas le cas en Europe», expliquait mardi dernier à L’Agefi Pierre Bollon, délégué général de l’Association française de la gestion financière (AFG).

D’autres acteurs pourraient prendre le sillage d’UBP. La banque Santander est notamment l’une des plus exposée à la fraude Madoff, à hauteur de 2,33 milliards de dollars via son fonds Optimal Strategic. 

«Dans ce contexte de crise financière et économique, (…) cela ne remet pas en cause l’existence de l’industrie des hedge funds pour 80% des gérants. 88% d’entre eux ont d’ailleurs la certitude que cette crise va créer des nouvelles opportunités pour l’industrie, indiquait le mois passé la société Seeds Finance, en conclusion d’une enquête trimestrielle. Pour autant, «ces opportunités ne se feront pas sans une modification de la réglementation. 90% estiment que les niveaux de levier utilisés seront moins hauts. A l’inverse, 83% ne voient pas l’interdiction définitive du short comme une mesure pouvant être adoptée et 68% ne sont pas réellement pour une transparence totale», relevait alors la société de conseil en investissements et ingénierie financière, avant que la fraude Madoff n’éclate au grand jour.

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