La hausse des prix soutient les ventes au détail outre-Manche en janvier

le 13/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’association des distributeurs britanniques a fait part d’un rebond des ventes de 4,9 %, qui ne traduit pas pour autant un retour de la confiance

Lueur d’espoir pour les ventes au détail en Grande-Bretagne au mois de janvier. Selon l’association professionnelle British Retail Consortium (BRC), qui représente quelque 80 % du secteur de la distribution outre-Manche, le chiffre d’affaires des magasins ouverts depuis plus d’un an a en effet progressé de 2,6 % au cours des cinq semaines entre le 30 décembre et le 2 février derniers par rapport au début d’année 2007. Au mois de décembre, la progression de cet indicateur s’était limitée à 0,3 %. En tenant compte de l’ensemble des surfaces de vente, la hausse de la consommation s’est élevée le mois dernier à 4,9 %.

Pour le directeur général de l’Institute of Grocery Distribution, Joanne Denney-Finch, « malgré le sentiment économique morose, le secteur des denrées alimentaires et des boissons a bien débuté l’année 2008 ».

Les distributeurs britanniques font face à une hausse de leurs coûts. Les prix à la production ont ainsi enregistré une progression annuelle de 5,7 % en janvier, la plus importante en seize ans. Pour autant, comme le souligne Helen Dickinson, responsable du secteur de la distribution de détail chez KPMG, copromoteur du rapport du BRC, « les distributeurs répercutent à contrecœur des hausses de prix au consommateur ».

La Banque d’Angleterre a abaissé la semaine passée son principal taux directeur, d’un quart de point à 5,25 %, visant à prévenir un ralentissement économique tout en confirmant son souhait de maîtriser le risque inflationniste. Las, le taux d’inflation britannique a connu une hausse à 2,2 % au mois de janvier, son niveau le plus élevé depuis sept mois. Le Gouverneur de la Banque centrale, Mervyn King, avait estimé le 22 janvier que la BoE faisait effectivement face à un « délicat exercice d’équilibre ».

Aux yeux du BRC, la confiance du consommateur a récemment poursuivi sa détérioration, renforçant la frilosité face aux achats majeurs. Dans ce contexte, l’alimentation a tiré son épingle du jeu, entraînant à la hausse l’indice général, tandis que le segment textile a accusé en janvier une quatrième baisse mensuelle consécutive, en dépit de certains rabais qualifiés d’agressifs par le BRC. Pour le patron de ce dernier, Stephen Robertson, la tendance observée en janvier n’indique cependant pas un retour de la confiance, la hausse de la consommation étant notamment soutenue par une hausse des prix alimentaires. Il faut se garder de tout excès d’optimisme.

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