Freiné par l’Allemagne, le marché automobile européen a timidement progressé en 2007

le 17/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’ACEA a fait part d’une hausse annuelle de 1,1 % des immatriculations, à près de 16 millions d’unités. L’Europe de l’Est a brillé

Sans surprise, l’activité du secteur automobile en Europe l’an passé a sensiblement été affectée par l’atonie du marché allemand, le plus important du continent. Outre-Rhin, le marché a en effet accusé un repli de 9,2 %, pénalisé par la hausse de trois points de la TVA locale. Cela au sein d’un marché régional en hausse de 1,1 %, à 15,96 millions de véhicules écoulés, selon l’Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA). En décembre, le volume régional d’immatriculations a gagné 1,2 % (1,12 million de véhicules).

Pour autant, la fiscalité allemande ne saurait, aux yeux de l’association, masquer totalement des facteurs majeurs de frilosité du consommateur, tels la hausse des prix à la pompe, le resserrement des conditions de crédit ou plus largement la notion de pouvoir d’achat. Parallèlement toutefois, les Etats-Unis ont souffert d’une baisse de 3 % du marché, à 16,1 millions de véhicules, soit à peine plus que sur le Vieux Continent.

Les dix "nouveaux membres" d’Europe de l’Est ont tenu le haut de l’affiche, avec un marché en hausse de 14,5 %, limité à 1,16 million d’unités au total et encore visiblement sous-équipé. Particulièrement actifs, les marchés polonais et roumain ont progressé de 22,9 % et 26,3 % l’an passé. L’Europe des Quinze a dans le même temps affiché, à 7.000 véhicules près, une stabilité de son marché (14,4 millions). Le mois dernier, ces pays ont enregistré un modeste gain global de 0,4 %, pour tutoyer le seuil du million de véhicules vendus.

Nombre de constructeurs ont renforcé leur politique de sortie de nouveaux modèles, une stratégie payante notamment pour Fiat (+7,1 % à 1,25 million d’unités) ou BMW (+6,7 % à 0,85 million). Volkswagen en revanche a subi plus durement la morosité de son marché historique, avec des ventes en repli de 1,1 % et une part de marché concédant 0,5 point à 19,7 %. Dans ce contexte, les constructeurs français font grise mine : alors que la part de marché de PSA Peugeot Citröen a reculé de 0,1 point à 12,8 %, celle de Renault est passée de 9,2 à 8,7 %. Les deux groupes ont même accusé un retard dans le cadre du saut du marché hexagonal en décembre (+21,1 %), à la faveur notamment de nouvelles taxes écologiques entrant en vigueur en ce mois de janvier 2008. A l’inverse, les incitations des autorités italiennes à ce sujet ont porté le marché local (+7,1 % en 2007) à un plus haut de dix ans.

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