Un fonds souverain de Dubaï lance une offre sur Colonial

le 28/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La société immobilière espagnole est plombée par 9 milliards de dette. Une autre offre devrait viser sa filiale Foncière Lyonnaise

Les dés en sont jetés et la société immobilière espagnole Colonial s'apprête à tomber entre les mains d’un fonds souverain de Dubaï. Investment Corporation of Dubaï (ICD) a lancé mercredi une offre conditionnelle sur Colonial, pour un montant d'environ 3 milliards d'euros en actions et en instruments financiers. Cette offre sauve la société espagnole, plombée par une dette de près de 9 milliards d'euros, de la liquidation. Le prix de l'offre sur Colonial sera payé soit en numéraire, soit au moyen d'instruments financiers émis par ICD, a précisé le fonds de Dubaï, ajoutant que la transaction resterait conditionnée au feu vert des banques créancières. Il s'agit de Royal Bank of Scotland, Eurohypo, Calyon et Goldman Sachs, qui se partagent une créance de 6,4 milliards d'euros sur Colonial. Dans le premier cas, le prix serait de 1,85 euro par action, soit une prime de 8,8 % sur le prix de clôture de Colonial mardi et, dans le second, de 2,25 euros par action, a précisé ICD. L'instrument financier n'aura pas de coupon et aura une durée de maturation de quatre ans et demi, a précisé IDC.

L'ancien président Luis Portillo et la famille Nozaleda, qui a eux deux détiennent 52 % du capital de Colonial, avaient accepté par avance de vendre leurs participations. Le groupe espagnol venait de perdre plus de la moitié de sa valeur en six mois liées à son endettement excessif. La capitalisation boursière de Colonial ressort à quelque 2,8 milliards d'euros. Sa valeur d'actif net est d'environ 12 milliards d'euros.

Cette offre devrait être suivie d'une OPA sur la filiale à 85 % de Colonial, Foncière Lyonnaise, qui changera ainsi de main pour la quatrième fois en quatre ans. Des analystes estiment qu'une offre autour de l'actif net réévalué, estimé à 58,80 euros hors droits et à 63 euros droits inclus, serait recevable.

Il s'agit du premier investissement à l'étranger d'ICD depuis la création en 2006 de ce fonds de 82 milliards de dollars. Il reste que la situation immobilière espagnole est très différente de celle des Etats-Unis, les propriétaires restant solvables. En revanche, le pays souffre d'un phénomène de "surconstruction", qui a provoqué une chute des prix dans certaines régions. Cette évolution, combinée à une hausse des taux d'intérêt et à un accès plus difficile au crédit, fait craindre à certains que le nombre de défauts de paiement n'augmente très rapidement dans un avenir proche.

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