Fannie Mae et Freddie Mac autorisés à élargir leurs portefeuilles

le 28/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’office fédéral de tutelle des deux établissments de refinancement de crédit a levé une restriction instaurée suite à des soucis comptables

«J’encourage Fannie Mae et Freddie Mac à lever de l'argent frais pour continuer à être en mesure d'assurer leur mission», plaidait hier le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke. Pendant son audition en commission de la Chambre des représentants, l’office fédéral de tutelle des deux établissments de refinancent de crédit a annoncé une autre mesure, qui leur permettra d’investir plusieurs milliards de dollars supplémentaires. L’Office supprime en effet, au premier mars, le plafond du volume de refinancement hypothécaire que les deux sociétés peuvent accorder à court terme. Ce plafond avait déjà été relevé le 19 septembre dernier et fixé à 735 milliards de dollars pour chaque société au titre du troisième trimestre.

L’Office of Federal Housing Enterprise Oversight (Ofheo) supprime ainsi une des restrictions réglementaires qu’il avait imposées en 2006, lorsque les deux sociétés avaient avoué des erreurs comptables chiffrées à 11,3 milliards de dollars. A elles deux, ces sociétés possèdent ou garantissent actuellement environ 45 % de tous les prêts hypothécaires américains, d’une valeur totale de 11.500 milliards de dollars.

L’Office récompense ainsi les deux sociétés pour leurs efforts en vue de publier leurs résultats à la date promise, même s’ils sont loin d’être florissants. Fannie Mae a publié hier une perte de 3,6 milliards de dollars pour les trois derniers mois de 2007, soit plus du double de la perte de 1,5 milliard de dollars du troisième trimestre. Les résultats de Freddie Mac, publiés aujourd’hui, ne devraient guère être meilleurs. Daniel Mudd, directeur général de Fannie Mae, assure que la société sera prudente dans l'augmentation du portefeuille de prêts pour éviter de nouvelles pertes. Suite à l’annonce, le titre de l’entreprise a bondi, car ce portefeuille représente la plus grande partie des bénéfices de la société.

L’Ofheo conserve cependant le coussin supplémentaire de 30 % qu’elle exige des deux sociétés, en plus du plancher officiel d’excédent de capital. « Rétrospectivement, cette exigence, accompagnée de leur augmentation de capitaux (suite à l’émission d’actions préférentielles d’une valeur de 13 milliards de dollars en décembre, NDLR), signifie qu’ils sont dans une bien meilleure position capitalistique pour faire face aujourd’hui à un marché volatil et à leurs pertes significatives », estime son président James Lockhart.

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