Face aux bons élèves de la zone euro, Paris sauve la face

le 12/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La ministre de l’économie et des finances française est allée à Bruxelles négocier des marges de manœuvre budgétaire

Christine Lagarde était venue à Bruxelles négocier des marges de manœuvre budgétaires pour les années à venir. Elle estimait hier soir avoir obtenu gain de cause. L’Eurogroupe examinait, en amont du Conseil des ministres des finances qui se tient ce matin, les programmes de stabilité de la France et de cinq autres pays de la zone euro (Allemagne, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Finlande). Le gouvernement voulait relâcher la pression que faisait peser sur lui l’accord de Berlin d’avril 2007 par lequel les pays de la zone euro s’engageaient à revenir à l’équilibre budgétaire en 2010. Le ministre des finances français de l’époque, Thierry Breton, y avait alors consenti en dépit de l’imminence de l’élection présidentielle française. A peine installé, Nicolas Sarkozy avait fait savoir que la France n’envisageait de revenir à l’équilibre budgétaire qu’en 2012 et non en 2010.

Dans le texte de compromis qui doit être scellé ce jour par les Vingt-Sept, le texte de l’accord de Berlin est repris dans son intégralité «y compris la référence aux conditions cycliques», a insisté la ministre française. «Nous avons repris tous les engagements de Berlin,… nous faisons référence aux conditions cycliques», a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe à l’issue de la réunion. Christine Lagarde a déclaré que c’était «un bon texte». Vue la dégradation des conditions macro-économiques depuis l’été 2007, la conditionnalité du retour à l’équilibre prend un sens nouveau et pourrait justifier le maintien d’un déficit plus élevé que prévu.

La ministre avait annoncé ses intentions dès lundi. «L'Eurogroupe se base sur les prévisions que le précédent gouvernement lui avait adressées en avril 2007», avait-elle déclaré au Figaro. Avant d’ajouter: «durcir le discours sans tenir compte de l'évolution de l'environnement me paraît manquer de réalisme», avait-elle ajouté. En réalité, «la France a présenté une nouvelle actualisation de son programme de stabilité qui couvre la période 2007-2012», comme le rappelait la Commission européenne en janvier, avec deux scenariiselon le niveau de croissance. Néanmoins, même dans le scenario pessimiste, qui prévoit un retour à l’équilibre en 2012, le taux de croissance prévu pour 2007 et 2008 était de 2 à 2,5% et il atteignait 2,5% pour 2009-2012.

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