F&A : L’Europe reste loin devant les Etats-Unis

le 28/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ainsi l’Europe se permet-elle de devancer les Etats-Unis pour le quatrième trimestre d’affilée. L’avance est même confortable puisque l’Europe affiche des volumes (301 milliards de dollars) supérieurs de 59 % à ceux des Etats-Unis et compte pour 45,5 % du marché mondial (contre 40 % sur l’ensemble de 2007). On peut y voir l’effet de la crise plus durement ressenti outre-Atlantique. Mais pour David Bernard, « le changement est également structurel. Que ce soit dans la banque ou l’énergie, il y a en Europe occidentale des champions nationaux qui ont besoin de taille critique pour devenir des champions européens. D’où un phénomène de rattrapage dans les fusions-acquisitions ».

L’Europe profite également du boom des F&A dans sa partie la plus à l’Est. Les volumes y ont progressé de 70 %, atteignant 48,5 milliards de dollars sur le trimestre. Notre bilan hebdomadaire réalisé avec Mergermarket (voir tableau) témoigne d’ailleurs de cette dynamique avec trois grandes opérations (Oriel Resources, Sparrows Point et Irkut) impliquant au moins une partie russe.

Fort de ces atouts, « le marché européen pourrait faire mieux que les Etats-Unis en 2008 », anticipe David Bernard. Ce qui constituerait un prolongement de 2007 où l’Europe l’avait déjà emporté avec 1.825 milliards de transactions contre 1.623 milliards.

La comparaison avec 2007 devrait toutefois s’arrêter là. Car il sera difficile au plan mondial d’égaler 2007 et ses 4.490 milliards de dollars de transactions. « Avec des marchés de la dette qui ont peu de chances de se rouvrir en 2008, les volumes devraient s’aligner au mieux sur les niveaux de 2006 [ndlr, 3.598 milliards] et plus probablement s’approcher de ceux de 2005 [ndlr, 2.672 milliards]», prévoit David Bernard.

Le private equity devrait lui aussi terminer assez loin de ses performances de l’an passé. Pour David Bernard, « sa part de marché devrait rester autour de 7 % à 8 % ». Un score qui, en taux de pénétration, ramènerait ce segment six ans en arrière.

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