Electronic Arts offre une prime de plus de 60% aux actionnaires de Take-Two

le 25/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le géant des jeux vidéo a proposé une offre de 1,9 milliard de dollars pour racheter Take-Two, rejetée par les dirigeants de ce dernier

Comme un air de déjà vu. Un géant des technologies qui cherche à racheter un autre acteur du marché pour une somme valorisée 60% de plus que sa cotation actuelle, et que ce dernier rejette. Non, il ne s’agit pas de l’offre de Microsoft sur Yahoo, mais bien de celle d’Electronic Arts (EA) sur Take-Two. Alors que l’on attendait News Corp et Viacom, c’est finalement du géant de Redwood qu’est venue l’offre de rachat. Après avoir essuyé un premier revers, EA a augmenté son offre sur son concurrent à 26 dollars par action soit une prime de 63% par rapport aux 30 derniers jours de cotation ayant précédé l’offre, et 50% par rapport à vendredi.

L’offre en cash d’EA est évaluée à 1,9 milliard de dollars. Sans pour autant «fermer la porte», Strauss Zelnick, PDG de l’éditeur de Grand Theft Auto IV, a rejeté l’offre, l’estimant «sous-évaluée» et surtout inadéquate. En effet, le dirigeant aurait préféré que cela intervienne après le lancement de GTA IV prévu le 29 avril. En outre, cette proposition valorise Take-Two à 18 fois ses résultats espérés pour 2008, alors que les cotations d’Ubisoft et d’Activision représentent respectivement 34 et 24 fois leurs bénéfices attendus pour l’exercice de mars 2009. En réponse, les dirigeants du géant des jeux vidéo ont indiqué que s’il ne s’agissait pas pour le moment d’une offre inamicale, ils n’écartaient pas cette option, et que par ailleurs «elle représente un prime significative et de la certitude» pour les actionnaires de Take-Two. D’ailleurs le rejet de Take-Two a poussé EA à sortir de gros moyens pour informer les actionnaires de Take-Two, comme le montre la création d’un site internet entièrement dédié à l’offre de rachat. Le distributeur de la licence FIFA souhaite ainsi aller vite, il espère que la prime offerte permettra de clore un accord d’ici la fin de l’année et que le nouvel ensemble soit opérationnel dès 2010.

Toutefois, cela ne va pas sans poser certains problèmes. Tout d’abord, il y a celui de la situation de monopole que cela pourrait créer dans le domaine des jeux vidéo de sport. De plus, il y a l’épineuse question de Rockstar, le studio qui a développé la série des GTA. Ce dernier va-t-il accepter de rester aux côtés de Take-Two s’il est racheté par EA ? Rien n’est moins sûr selon Michael Patcher, analyste de Wedsbush Morgan. Selon lui, "les salariés de Rockstar ne sont pas du genre à prendre un tel pli".

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