Eiffage fait preuve d’un optimisme jugé trop prudent pour 2008

le 03/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La progression des résultats 2007 n’a pas suffi à rassurer les investisseurs, en attente du dénouement de la bataille engagée avec Sacyr

Un peu décevant. C’est ce qui résume le sentiment des analystes pour Eiffage, qui a pourtant enregistré en 2007 un chiffre d’affaires en hausse de 17,2 % à 12,6 milliards d’euros. Le bénéfice net s’est élevé à un milliard d'euros contre 377 millions en 2006 grâce aux marges élevées des concessions et à des gains sur cessions d’actifs (vente de sa participation dans Cofiroute à Vinci et ouverture du capital du viaduc de Millau à la Caisse des Dépôts). L’année dernière a cependant été impactée par la perte de 6 millions d’euros de sa filiale de construction métallique Eiffel et par un aléa sur le chantier du tunnel du Perthus dans sa division de travaux publics.

Le groupe estime que ce segment connaîtra en 2008 « une année de basse activité » avant un redressement en 2009. Il vise un chiffre d'affaires total de 13 milliards hors acquisitions en 2008 avec « un retour à un niveau normal de résultat » chez Eiffel. « Pour le moment, nous ne voyons pas encore de drame à l'horizon, même si la conjoncture immobilière se tasse », a souligné le président d’Eiffage Jean-François Roverato. Un nouveau directeur opérationnel sera désigné avant l'été et le conseil d'administration déterminera en avril le dividende qu'il proposera au titre de 2007.

Les investisseurs restent également préoccupés par la bataille judiciaire engagée depuis le printemps 2007 avec l'espagnol Sacyr Vallehermoso qui détient un tiers de son capital. Celui-ci a demandé à la cour d’appel de Paris, qui doit se prononcer le 2 avril, d'annuler une décision de l'AMF l'enjoignant de lancer une offre publique sur le groupe français. Le tribunal de commerce de Nanterre doit ensuite statuer le 6 mai sur la demande de Sacyr d'annuler l’assemblée générale du 18 avril 2007 ayant privé de droits de vote plusieurs investisseurs espagnols.

La situation s’est encore compliquée depuis que la Commission européenne a donné le 21 février son feu vert au projet initial de rachat d’Eiffage par Sacyr, considérant « que l'opération envisagée ne devrait pas avoir d'effet préjudiciable sur la concurrence ». Jean-François Roverato a confirmé qu’il avait été convié à l’Elysée le 14 janvier dernier avec son homologue de Sacyr Luis del Rivero « pour tenter de trouver une issue à leur différend, sans toutefois parvenir à un accord ». Dégradée par plusieurs bureaux d’analyse, l’action Eiffage a reculé vendredi de 2,4 % à 58,3 euros.

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