Deutsche Telekom entraîne à la baisse le secteur des télécoms en Europe

le 20/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La montée des pressions réglementaires et les rumeurs autour de Telecom Italia expliquent également les craintes des investisseurs

Erreur de communication apparente pour Deutsche Telekom (DT). Une présentation détaillant les perspectives de son activité de lignes fixes T-Home, destinée à rassurer les investisseurs, a eu un effet totalement inverse hier, le titre ayant cédé près de 7 % à 10,59 euros, au plus bas depuis cinq ans dans des volumes étoffés. La stratégie du groupe consistant à accroître les revenus des offres à haut débit pour compenser le déclin des abonnés fixes «va aboutir à une contraction des revenus de la division de 4 à 6 % cette année contre un recul de 8 % en 2007, et de 5 à 8 % pour l’Ebitda ajusté contre une baisse de 14 % l’année dernière», a précisé le responsable de la division Timotheus Hoettges ; celui-ci entend réinvestir la plus grande partie du milliard d’euros d’économies de coûts dégagées par T-Home dans des investissements de croissance destinés à stabiliser les ventes de cette dernière d’ici à 2010. DT a par ailleurs laissé intactes ses prévisions de résultats consolidés pour 2008. Comme on le souligne chez Dexia, «ces éléments qui ne constituent pas une surprise ni un avertissement sur les résultats ont été interprétés comme tel par le marché, ce qui semble quelque peu exagéré».

Craignant sans doute l’amalgame, France Télécom s’est cru obligé, par la voix de son directeur financier Gervais Pellissier, de réaffirmer que le chiffre d’affaires des activités fixes sur son marché domestique serait bien stable cette année. Le secteur a également pâti des rumeurs affectant Telecom Italia, selon lesquelles l’opérateur italien pourrait faire appel au marché ; malgré les démentis de ses dirigeants, le titre a touché un plus bas de dix ans pour finir en baisse de 5,4 % à 1,25 euro. Ajoutant à la défiance ambiante, le commissaire européen Viviane Reading a indiqué que la volonté de renforcer le degré de concurrence dans les télécoms commençait à payer, mais que «beaucoup de travail restait à faire pour briser le monopole des opérateurs historiques». Le Parlement européen est d’ailleurs en train d’examiner la proposition de loi qui pourrait aboutir à une scission entre les services fixes et la propriété des réseaux, tandis que la réglementation sur le niveau des tarifs d’interconnexion cellulaire devrait également se durcir. L’indice sectoriel européen des télécoms a finalement perdu 3,3 % hier contre une baisse de 1 % pour le Dow Jones 600.

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