Une croissance moins forte que prévu en 2008, sans décélération majeure

le 18/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Christian Noyer a livré au Financial Times sont avis concernant la gouvernance des banques en France et celle du système financier mondial

«Dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux et madame la meilleure des baronnes possibles». L’interview accordée par Christian Noyer, au Financial Times et qui doit paraître aujourd’hui, rappelle un peu le Candide de Voltaire. En effet, le Gouverneur de la Banque de France, a mis en avant la bonne gouvernance des banques françaises. Pour lui, les systèmes de contrôle des banques sont bons, de même que ceux de la Banque de France, où il n’y a pas de «culture de prise de risque excessif». La situation actuelle de la Société Générale est un cas spécifique, liée à un «cas de fraude classique». Celle-ci résulte de l’« addition d’une série de petites erreurs [...] dans la réponse aux alertes du système de contrôle interne». M. Noyer précise d’ailleurs que malgré cela, la banque «a publié un profit. Les épargnants n’ont pas perdu d’argent [...] et qu’aucun argent public n’a été injecté».

Toutefois, Christian Noyer déclare que s’il n’y a pas de garantie à 100% contre la fraude, il est nécessaire de contrôler plus systématiquement et plus régulièrement les positions importantes de même que la résistance des systèmes informatiques à des intrusions frauduleuses. Le Gouverneur propose néanmoins d’inscrire dans la loi un «devoir d’alerte» aux autorités de régulation dès la détection d’une anomalie, afin de « vérifier les mesures nécessaires avant que le problème ne devienne sérieux ».

Par ailleurs, Christian Noyer a souligné que l’économie européenne «sera mieux à même de résister» à la crise du subprime. Les banques françaises devraient être moins exposées que les autres, bien que toutes n’aient pas encore publié leurs résultats et que la Société Générale ait déjà fait état d’une perte de 2,6 milliards d’euros lié à cela. Le marché des prêts immobiliers est plus «sain» en Europe. La croissance européenne devrait certes être plus faible que prévu en 2008, mais sans que l’on connaisse« une grosse décélération ». Cela étant, le Gouverneur rappelle que cette crise devrait être l’occasion d’harmoniser un peu plus le système financier mondial, pour lequel il est nécessaire «de disposer de règles communes».

Enfin, comme dans Candide où le héros nous invitait à cultiver notre jardin, Christian Noyer précise au quotidien britannique que la conjoncture économique actuelle ne «rend pas impossibles les réformes».

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