La croissance française vue entre 0,3 et 0,4 % durant le premier semestre

le 21/03/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le prix des matières premières et la résistance de la demande intérieure sont les deux principaux aléas pesant sur le scénario de l’Insee

«Entre résilience et risque inflationniste». Le titre de la dernière note de conjoncture publiée jeudi par l’Insee à propos de la zone euro s’applique également à l’économie française confrontée au fléchissement de l’activité mondiale, aux conséquences de la crise financière et à l’envolée du prix du pétrole et des matières premières.

La contribution du commerce extérieur à la croissance devrait être légèrement négative au cours du premier semestre 2008, souligne l’institut dont les enquêtes récentes tendent à prouver que « le climat des affaires s’est effrité dans l’industrie et fortement détérioré dans les services ». La consommation devrait toutefois résister à l’atonie du pouvoir d’achat des ménages, grâce au dynamisme persistant des créations d’emplois et à une baisse du taux d’épargne. La hausse des prix atteindrait 3 % à partir de mars, «l’inflation alimentaire contribuant à hauteur de 1 point à la hausse globale des prix entre juillet 2007 et juin 2008», selon l’institut qui prévoit d’autre part une fluctuation du cours du baril de Brent autour de 95 dollars d’ici à l’été. La croissance des pays émergents a pour effet paradoxal «d’accélérer cet effet inflationniste sur les matières premières tout en contribuant à la désinflation sur le prix des produits manufacturés», souligne l’Insee. Quant à l’investissement productif, il ne devrait pas être favorisé par la crise financière actuelle, tandis que l’investissement en logement devrait stagner.

Après une croissance de 0,4 % constatée durant le dernier trimestre 2007, l’Insee table donc sur une progression du PIB de 0,4 % au premier trimestre 2008 (+0,3 % hors effet des grèves de l’automne dernier) et de 0,3 % au deuxième. Cet «essoufflement modéré» est toutefois lié à la stabilisation aux niveaux actuels du prix des matières premières et à une résilience de la demande intérieure en partie dépendante des conditions d’accès au crédit. L’Insee précise en outre qu’avec un acquis de croissance de 1,4 % à fin juin 2008 sous ces hypothèses, la France «devrait enregistrer une progression de 0,8 % de son activité au troisième et au quatrième trimestres» pour atteindre la prévision officielle «proche de 2 %», ce qui semble très ambitieux. La ministre de l’Economie Christine Lagarde vient d’ailleurs à ce propos de déclarer que la prévision de croissance de la France sera révisée « en légère baisse » à la mi-avril.

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