La crise risque de freiner l'appétit des Européens pour les placements financiers

le 21/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon l'Observatoire de l’épargne européenne, le taux d'épargne financière des ménages a progressé de 2005 à mi-2007

Selon le rapport de l’Observatoire de l’épargne européenne (OEE), le taux de placements financiers, c’est-à-dire la part de leur revenu que les ménages consacrent à accroître leur patrimoine financier, augmente dans tous les pays, à l’exception de l’Espagne. Pourtant, ce constat conjoncturel doit être replacé dans son contexte, note l’OEE : «Les Espagnols se détachent depuis 2005 des autres pays par l’importance de leurs placements », s’expliquant par la croissance très rapide du crédit dans ce pays jusqu’en 2006. « A l’opposé, les Allemands depuis 2000 et les Italiens depuis 2006 sont nettement en dessous de la moyenne européenne», remarque l’OEE. Et ces données s'arrêtent à mi-2007, avant la crise estivale.

Les Britanniques et les Français convergent vers des niveaux de l’ordre de 12 % de leur revenu, un niveau plus faible que les années précédentes pour les premiers, et au contraire plus élevé pour les seconds. Au Royaume-Uni, les placements financiers avaient atteint un niveau bas en 2005, quand le crédit s’était stabilisé, puis étaient repartis à la hausse. Mais lorsque les premiers effets de la crise du subprime sont apparus, « l’impact sur les placements s’est immédiatement fait sentir », note l’OEE en évoquant une forte baisse au troisième trimestre.

Quant à la France, le crédit avait augmenté rapidement, en 2006, tandis que les placements financiers fléchissaient sous l’effet « d’un choc particulier » : « l’hémorragie » sur les plans d’épargne-logement, qui n’a été redirigée qu’en partie sur d’autres produits, d’après l’organisme. « On estime ainsi que la décollecte des PEL ne s’est transformée qu’à hauteur de 40 % en collecte d’assurance-vie », remarque l’OEE. La décollecte des PEL se poursuit : sur les dix premier mois de 2007, l’encours a baissé de 17,7 milliards, contre 21,7 milliards l’année précédente.

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