Credit Suisse limite les dégâts et marque les écarts avec UBS

le 13/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque a passé pour 1,3 milliard de francs suisses de dépréciations au quatrième trimestre, moins qu'attendu et qu'au troisième trimestre

Credit Suisse va-t-elle supplanter UBS comme principale banque helvétique ? Si au début des années 2000 le rapport de force était clairement en faveur du numéro un de la banque suisse, l’exposition à la crise des subprimes l'a inversé. Sur le dernier trimestre 2007, les profits de Credit Suisse ne se sont certes élevés qu'à 1,33 milliard de francs (809 millions d’euros), alors que le consensus Reuters attendait 1,45 milliard. Mais la banque a réduit ses dépréciations en annonçant 1,3 milliard de francs de provision pour le dernier trimestre, dont 1,6 milliard lié au subprime, contre 2,2 milliards lors du troisième trimestre.

C’est d’autant mieux que la commission fédérale des banques s’attendait à une dégradation de la situation. L’exposition totale de la banque (prêts à levier, produit structurés) s’est réduite à 36 milliards de francs, à comparer aux 58,6 milliards du trimestre précédent. Si les activités de gestion d’actifs et de banque d‘investissement ont reculé, la branche banque privée s’est en revanche bien comportée. La banque d’investissement a ainsi affiché un repli de 86 % de son résultat avant impôt à données comparables au quatrième trimestre, à 328 millions de francs. Dans le même temps, l'activité en gestion d’actifs a affiché une perte de 247 millions au dernier trimestre contre un bénéfice de 89 millions en 2006. A l’inverse, le Wealth Management, grâce à ses activités en Asie et au Moyen-Orient, a connu un afflux net de nouveaux capitaux sur le dernier trimestre de 12 milliards de francs, contre 8,6 milliards au troisième trimestre et 8 milliards attendus.

Credit Suisse a décidé de réorganiser ses activités en supprimant 500 postes dans la banque d’investissement tout en créant 1.000 emplois dans la banque privée. Pour Kiri Vijayarajah , analyste chez Citigroup, cela va permettre à la banque de gagner en flexibilité par rapport à ses concurrents. Pour Bear Stearns, Credit Suisse a évité le pire, et son évolution dépendra du comportement des marchés de capitaux en 2008. Andreas Weese d’Unicredit a salué la performance de la banque privée jugée « très bonne », mais il trouve « décevante » la perte affichée par la gestion d’actifs.

Le groupe semble donc avoir échappé à la débâcle que connaît sa concurrente UBS, qui a déjà annoncé 16 milliards de francs de dépréciation. UBS publiera ses résultats et ses explications demain.

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