Le Crédit Mutuel expose ses divisions

le 25/02/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La décision des Fédérations Anjou et Océan suppose de fait l’éclatement du Groupement informatique Crédit Mutuel (GICM), créé en 2001 pour mettre en commun leurs moyens informatiques avec ceux d’Arkéa. Ce GIE gérait 3 millions de clients, 2.300 automates et 10.000 postes. Face à lui, le système de Strasbourg, baptisé GTO-CM, traite l’informatique des 13 autres fédérations du groupe ainsi que celle du CIC et va donc voir son poids relatif s’accroître encore.

Ce revers n’arrive malheureusement pas seul pour le clan breton. En octobre dernier, le Crédit Mutuel de Loire-Atlantique et du Centre-Ouest (CM Laco) a décidé de se retirer de Suravenir Assurances, la filiale d’assurance dommages qu’il détenait aux côtés d’Arkéa, pour rejoindre les Assurances du Crédit Mutuel (ACM), filiale du CM CEE. Celles-ci, actionnaires de Suravenir Assurances depuis sa création en 1996, se sont aussi retirées du tour de table, laissant ainsi Arkéa seul aux commandes, mais bien isolé. Et s’il n’est pas encore affilié à la caisse interfédérale qui sert de bras financier à Strasbourg, le CM Laco vient de donner un autre signe de son tropisme alsacien. Il a en effet rejoint le projet Prolog, un vaste chantier de mise en commun de fonctions supports (production et logistique) initié, justement, par le CM CEE.

Plusieurs bons connaisseurs du Crédit Mutuel s’interrogeaient vendredi sur la capacité d’Arkéa à défendre encore son indépendance dans les années qui viennent. « On sent en ce moment une offensive de Strasbourg en vue d’une unification », indique l’un d’eux. Ce développement indépendant a certes produit de belles réussites, comme Suravenir, la filiale d’assurance vie que la Fédération de Bretagne a toujours refusé de marier aux ACM. Dans ce métier, comme dans d’autres (le crédit à la consommation), le groupe Crédit Mutuel ne dispose donc toujours pas d’une usine de production unique, à la différence de ses homologues mutualistes - Crédit Agricole, Caisses d’Epargne et Banques Populaires.

Mais Arkéa n’est pas parvenu l’an dernier à convaincre la caisse interfédérale de Marseille - la troisième du groupe -, dans laquelle il détient une petite participation, d’opter pour une union plus poussée. « Et aura-t-il la taille suffisante pour assumer toutes les charges informatiques liées aux nouvelles réglementations en Europe, comme le Sepa ? », s’interroge une autre source interne. D'autant qu'en 2007, le résultat net d’Arkéa devrait être inférieur à 220 millions d’euros, contre un objectif de 280 millions d’euros. Brit Alliance, une filiale créée en 2006 avec Morgan Stanley, a essuyé des pertes à cause de la crise du subprime.

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