Le Crédit Foncier prend des mesures exceptionnelles pour rassurer ses clients

le 21/01/2008 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’établissement propose aux souscripteurs de plafonner leur taux révisable. La mesure est rétroactive au 1er août 2007 et dure jusqu'à fin janvier

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Contesté par des associations de consommateurs, le Crédit Foncier, la filiale de crédit immobilier des Caisses d’Epargne, a décidé d'aider certains souscripteurs de prêts à taux variable, même s’il souligne que « les mécanismes intrinsèques à l’offre bancaire en France permettent de limiter l’impact de la hausse des taux ». Sur 750.000 clients du Crédit Foncier, 150.000 sont détenteurs d’un prêt à taux révisable (souvent indexé sur les taux courts type Euribor 3 mois). Les 60.000 personnes ayant un prêt réglementé se verront proposer le plafonnement de leur taux d’intérêt à 5,75 %. Quant aux 90.000 personnes ayant contracté un prêt non réglementé, elles bénéficieront de sécurités similaires à celles des prêts à l’accession sociale : une augmentation limitée des échéances à l’inflation, le capital restant dû ne pouvant dépasser le capital initial, ainsi qu’un plafond de taux à 6 %.

« Il est très important pour nous de rassurer nos clients dans cette situation d’une ampleur particulière et soudaine », explique le directeur général du Crédit Foncier, François Blancard. A l’heure actuelle, 29.000 contrats ont déjà fait l’objet d’une révision, tandis que 50.000 autres révisions sont prévues cette année. Si 11.000 emprunteurs ont déjà vu augmenter leurs mensualités, en moyenne de 5,7 %, seulement 3 % des clients concernés par ce dispositif (soit 4.500 clients) ont constaté une hausse de plus de 6 % de leur échéance, souligne le Crédit Foncier. L’établissement assure qu’il a commencé à réfléchir à ces mesures dès le mois d’octobre, lorsqu’il s’est avéré que la crise d’août allait perdurer. Ainsi, les deux mesures sont rétroactives et s’appliquent à tous les prêts dont la révision périodique est intervenue après le 1er août 2007. Elles concerneront par ailleurs tous les prêts contractés jusqu’à fin janvier 2008.

L’impact de ces deux mesures temporaires se traduira par une charge d’environ 35 millions d’euros dans les comptes 2007, « mais ne remet pas en cause les perspectives de résultat du Crédit Foncier », assure le groupe. « Nous assumerons également au titre de notre notoriété la responsabilité de ce qui a pu être dit à tort au client à la fois par nos vendeurs et par nos partenaires courtiers », affirme François Blancard. Une réflexion sur une amélioration des contrats, avec l'introduction d'exemples chiffrés, est en cours.

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